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Une vie en équilibre (2)

Une vie en équilibre (2)

VOLET 4
QUANTITÉ ET QUALITÉ
Actes 6.7 – Apocalypse 19.1-2

Nous poursuivons notre étude sur le thème de la sagesse (synonyme d’équilibre). Prenons l’exemple de la vie de l’Eglise où l’équilibre entre la QUALITÉ et la QUANTITÉ est nécessaire. Par la grâce de Dieu, notre Eglise se développe progressivement depuis 60 années. Dieu a veillé à faire croître l’Eglise.

Il est évident qu’en parlant de la croissance de l’Eglise, le pasteur n’en tire aucun sujet de gloire mais bien de joie. En effet, aucun homme ne peut faire grandir une Eglise. Dieu seul le fait. L’apôtre Paul dit : « J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. » (1 Corinthiens 3.6).

Nous savons semer des haricots, les arroser mais nous sommes incapables de les faire pousser ! C’est Dieu qui fait croître. C’est pourquoi à lui seul revient la gloire, lorsque nous mentionnons le progrès de l’Eglise.

Si nous parlons du développement de l’Eglise, c’est pour que chacun soit encouragé et prenne conscience que Dieu est à l’œuvre parmi nous. Chacun donc devrait se dire : “s’il se passe quelque chose dans l’Eglise et si cela vient de Dieu, alors moi je ne veux pas rester en arrière, mais je dois aller au combat, m’engager, me consacrer et prendre une place active dans ma Communauté”.

La croissance de l’Eglise est, pour ses conducteurs, non seulement un sujet de joie mais aussi de crainte, parce que ce développement entraîne une augmentation de leurs responsabilités. Plus une barque est chargée, moins elle est stable. Il faut alors davantage veiller à assurer son équilibre. Le grand nombre de personnes “embarquées” dans notre Eglise ne doit pas être une cause de déséquilibre. Il faut noter encore que les responsables de l’Eglise ne pensent pas qu’à la quantité, mais aussi à la qualité. A quoi servirait une “grosse Eglise”, creuse, sans contenance, sans qualité. La sagesse consiste à trouver un équilibre entre quantité et la qualité.

Nous voulons réfuter les thèses hyper spiritualistes selon lesquelles, pour Dieu, seule la qualité compte. Notre Dieu est un Dieu sage, équilibré, qui veille autant à la qualité qu’à la quantité.

Examinons ce que la Bible dit. Combien d’hommes Dieu veut-il sauver ? « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. » (1 Timothée 2). Dieu vise donc aussi la quantité, le nombre de ceux et de celles qui sont rachetés.

Lorsque nous prenons attention à certains passages du livre des Actes, nous apercevons des détails quantitatifs relatifs à la croissance de l’Eglise. Il s’agit presque de statistiques. Le jour de la Pentecôte, « le nombre des disciples s’augmente d’environ trois mille. » (Actes 2.41) Quelques jours plus tard, « le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés. » (Actes 2.47). Et encore : « La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme. » (Actes 4.32). De plus : « Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, s’augmentait de plus en plus. » (Actes 5.14). Enfin : « La Parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi. » (Actes 6.7).

Il est clair que le Saint-Esprit se préoccupe donc aussi de la quantité, du nombre de ceux qui sont gagnés à Jésus-Christ. Mais le Saint-Esprit se préoccupe également de la qualité de la vie de ceux qui sont sauvés. Où trouvons-nous cela dans la Bible ? DANS TOUTES LES ÉPITRES.

Les apôtres sont soucieux de la qualité de vie des chrétiens. Que d’exhortations relatives à cette qualité de la vie chrétienne !

Dans notre Eglise, les responsables veillent à la qualité de vie de chaque chrétien. Nous exhortons, prêchons la sanctification, la fidélité conjugale, la droiture dans les affaires, l’obéissance aux parents, la générosité, le pardon, la patience, la douceur, l’hospitalité, etc. Tout cela représente la qualité.

On peut affirmer que dans l’ensemble, le niveau moyen de la qualité de la vie chrétienne de l’Eglise monte. Toutefois dans la foule, quelques-uns ne progres¬sent pas en qualité. C’est ce à quoi faisait allusion l’apôtre Paul quand il écrivait aux Eglises : « Il y en a parmi vous qui … » De même : « Il s’est glissé parmi vous certains hommes dont… » (Jude 4).

Certains, en effet. ne recherchent pas la qualité, le progrès, la sanctification. Tout en profitant de l’ambiance et du progrès général, eux-mêmes piétinent !

Les responsables d’Eglise veillent à améliorer la qualité de l’enseignement, des activités de l’Eglise, des différents ministères répartis dans l’Eglise. Outre le nombre, ils se préoccupent aussi de la qualité et en particulier de la qualité de chaque membre… qui le souhaite et le désire. Les pasteurs souhaitent toujours que chaque chrétien soit “de meilleure qualité”, “du premier choix”, mais les conducteurs spirituels ne peuvent forcer personne. Toutefois, ces responsables ne veulent certainement pas exclure ceux qui ne sont pas de la meilleure qualité, au contraire, ils souhaitent aider les plus faibles, les aimer, les encourager ; parfois les secouer, les exhorter pour augmenter la qualité de vie chrétienne de chacun.

Dans quelle “catégorie” de chrétiens sommes-nous ? Qualité “premier choix”. “deuxième choix” … ou “produit blanc” ? Cette question s’adresse à chacun et invite chaque chrétien à se situer par rapport au critère de “qualité”.

Ensemble efforçons-nous de faire monter le niveau, d’augmenter la qualité de notre vie chrétienne personnelle, ainsi que le niveau global de l’Eglise, de sorte que la qualité soit proportionnelle à la quantité. Ce serait alors tellement beau.

Remarquons qu’il existe une relation, une interaction entre la quantité et la qualité. Quand une Eglise se sanctifie, recherche la qualité “premier choix”, elle est attirante parce que c’est alors l’œuvre de l’Esprit de Dieu qui conduit les chrétiens dans la sanctification.

Une Eglise n’est pas attirante si elle est le théâtre de disputes, s’il existe en son sein de l’immoralité, de la jalousie, de la médisance, de l’égoïsme, de la légèreté, de l’hypocrisie. Par contre, si notre Eglise est un lieu d’accueil où l’on rencontre la gentillesse, la chaleur, la vérité, l’esprit de partage, la générosité, la droiture, l’honnêteté, la justice, le pardon, alors il est certain que des âmes seront attirées en grand nombre. Alors, la qualité de vie de l’Eglise aura comme conséquence la quantité et les deux cohabiteront dans cet équilibre de la sagesse divine.

Comprenons bien que la qualité de l’enseignement ne peut à elle seule attirer les âmes à Jésus-Christ. Mais il faut encore que la qualité de vie de tous ceux et toutes celles qui compo¬sent cette Eglise soit des meilleures. Chacun de nous est donc concerné et tous ensemble nous faisons le niveau de qualité spirituelle de notre Communauté.

Nous aurions voulu aborder d’autres thèmes relatifs à la sagesse divine : équilibre entre l’action et la prière, entre l’évangélisation et la sanctification, entre le repos et le travail, entre connaissance et expérience, entre vérité et amour, équilibre entre fraternité et intimité.
Fraternité et intimité

A ce sujet, la vie de l’Eglise est un mélange de fraternité et d’intimité. C’est un équilibre entre la vie communautaire et la vie privée.

Certains pourraient penser en lisant le livre des Actes que dans l’Eglise primitive, les chrétiens avaient tout en commun, et partageaient leurs biens, et ainsi regretter qu’aujourd’hui nous ayons perdu cet exemple de fraternité. Mais dans ce même livre des Actes, on apprend de suite que cette vie communautaire va poser des problèmes.

N’oublions pas (Actes 5) l’histoire d’Ananias et Saphira, premier coup de canif dans le contrat ! Ensuite (Actes 6) apparaît le problème de la mauvaise répartition des biens. Certaines veuves étaient négligées dans la distribution quotidienne des secours. On est loin de la fraternité idéale et exemplaire !

La fraternité chrétienne n’implique certainement pas que l’on soit toujours les uns chez les autres. Il est important de trouver le bon équilibre entre la vie communautaire et la vie privée. Si cet équilibre est bafoué, d’une “merveilleuse” fraternité peut naître la pire des haines. Au plus l’intimité aura été grande, au plus l’animosité sera ensuite virulente. Prudence ! Si la frater¬nité doit être partagée, veillons tout particulièrement à respecter l’intimité et la vie privée.

Ces deux notions ne sont pas contradictoires. Fraternité et intimité sont compatibles mais doivent être vécues en bon équilibre.

Veillons donc chacun à assurer cet équilibre dans ces différents domaines cités, en toute sagesse. Ne vivons pas dans l’Eglise comme des fous, des déséquilibrés. Prenons garde ensemble à cet équilibre dans l’Eglise. Dieu a donné l’Esprit Saint à tout véritable chrétien. Ensemble œuvrons pour assurer cette stabilité dans la vie de l’Eglise.

Demandons à Dieu sa sagesse pour maintenir l’équilibre dans notre vie personnelle, dans nos foyers, dans nos familles et dans notre Eglise.

Le Seigneur sera alors glorifié.

Prédication apportée par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin – Bulletin “Résurrection“ de septembre à décembre 1991.

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