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Une vie en équilibre (1)

Une vie en équilibre (1)

VOLET 2
UNE ÉGLISE ÉQUILIBRÉE
Actes 2.37-42

La sagesse

L’étude précédente consacrée au fondement d’une vie équilibrée comparait l’existence à une marche sur un câble tendu entre deux points : la naissance et la mort. Nous devons ainsi progres¬ser en gardant notre équilibre. La première règle de sagesse ou d’équilibre est la foi en Dieu. La Bible dit : « La crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse (équilibre). » (Psaumes 111.10). L’Ecriture Sainte déclare que la folie consiste à nier l’existence de Dieu : « Le fou dit en son cœur : il n’y a point de Dieu ! » (Psaumes 14.1). Le chrétien est celui qui a choisi de trouver en Jésus-Christ son équilibre, sa sagesse, sa stabilité. La parabole décrite dans Matthieu 7.24-27 affirme que le sage bâtit sa maison sur le roc, et le fou sur le sable. Tôt ou tard la maison de l’insensé perd sa stabilité et s’écroule.

Une remarque importante : une personne convertie n’a pas nécessairement résolu tous ses problèmes, et sa vie ne se caractérise pas nécessairement par un équilibre partait, total et définitif. Chaque domaine de la vie doit être équilibré. Les soupapes d’un moteur à essence exigent un réglage régulier, afin d’assurer un bon fonctionnement de la machine. Notre équilibre n’est pas garanti une fois pour toutes. Dans chaque compartiment de la vie, nous devons constamment veiller à réaliser notre équilibre. La conversion est le début, la phase initiale de la sagesse. Ensuite viennent d’autres étapes.

Faisons une comparaison avec le jongleur. Il maintient d’abord une seule assiette en équilibre au-dessus d’une perche. Il ajoute ensuite une seconde assiette, une troisième, … et finalement le spectacle débouche sur toute une série de soucoupes, chacune tenue en équilibre au bout d’une perche. La vie peut être comparée à cet exercice d’adresse. Le nourrisson, assisté de ses parents, “n’a qu’une assiette” : manger, boire, dormir. Plus tard il va devoir ajouter “une soucoupe” supplémentaire. Puis l’enfant devra s’organiser pour réussir ses études. Adolescent, il devra assurer l’équilibre de sa sexualité qui s’éveille : nouvelle assiette. Plus tard, le choix d’un métier, les contraintes professionnelles, les fiançailles, le mariage, la belle-famille, les enfants, etc. constituent autant d’assiettes supplémentaires à maintenir, sans casse, en équilibre. La sagesse consiste à assurer la stabilité de toutes ces assiettes, sans en laisser tomber une seule.

Beaucoup de dépressions, de suicides, de tentatives de suicide sont liées à cette question d’équilibre dans la vie. Une rupture d’équilibre entraîne chez l’individu de grosses perturbations. Le mauvais équilibre entre le travail et le repos, dans un sens comme dans l’autre, une mauvaise stabilité dans les relations familiales, professionnelles, de voisinage, peuvent conduire à de graves troubles psychologiques.

Dans sa Parole, Dieu nous a donné tous les éléments nécessaires et utiles pour nous conduire ici-bas avec sagesse et équilibre, dans une vie heureuse à la gloire de Jésus-Christ. Examinons maintenant quelques situations concrètes.
L’Église

On peut présenter la vie de l’Eglise sous la forme d’un équilibre assuré par quatre piliers cités dans Actes 2.42 :

  • l’enseignement des apôtres ;
  • la communion fraternelle ;
  • la fraction du pain ;
  • les prières.

Autrement dit, l’Eglise doit être à la fois :

  • une école ;
  • un club ;
  • un restaurant ;
  • une chapelle ou un lieu de prières.

Ces quatre éléments sont nécessaires pour soutenir la vie d’une Eglise et son développement.

1. Eglise-école (enseignement des apôtres)

Le rôle principal d’une Eglise est l’enseignement de la Parole de Dieu. L’Eglise doit être un lieu de d’études, de réflexions, sans pour autant n’être seulement qu’une école. A ce sujet, certains pasteurs peuvent commettre des erreurs en ne voulant faire de l’Eglise qu’un lieu où l’on enseigne et l’on doit apprendre. L’enseignement de la Bible est primordial mais l’Eglise ne saurait se développer avec ce seul pilier. Si dans un esprit hyper spiritualiste, certains pensent qu’en dehors de l’enseignement biblique, l’Eglise n’a aucune raison d’être, ils se trompent. Cette vision erronée ne favorise pas le développement de l’Eglise-école, mais conduit au contraire, tôt ou tard, … à l’école buissonnière et à la désertion !

2. Eglise-club (lieu de la communion fraternelle)

L’Eglise est un lieu de rencontre, de partage, de détente où l’on se parle, discute, et où l’on aime se retrouver. Pour maintenir son équilibre, une Eglise doit donner l’occasion de développer cet aspect de la communion fraternelle. Cette fraternité ne peut se vivre uniquement au culte ou à l’étude biblique. Bien des personnes se sont tournées vers le Seigneur, non pas directement suite à un sermon ou un enseignement biblique, mais bien parce qu’elles ont été sensibilisées par une poignée de main, un sourire, un rassemblement, une tasse de café après le culte, un repas fraternel.

Ainsi, notre communauté organise des sorties d’Eglises, des camps de jeunes, de jeunes couples, de promenades, des repas pour favoriser la communion fraternelle. L’Eglise ne se construit pas uniquement sur l’enseignement (primordial) de la Parole mais aussi en encourageant la fraternité. Bien des personnes ont d’abord découvert “amitié chrétienne” et ensuite “Evangile de Jésus-Christ, l’amour de Dieu” pour finalement se convertir et se faire baptiser. La première phase de leur cheminement passait par la découverte d’une “ambiance chrétienne”, la communion fraternelle, de “l’Eglise-club”.

Avant de gagner leur âme, il fallait gagner leur confiance.

3. Eglise-restaurant (la fraction du pain)

L’Eglise est un lieu où l’occasion est donnée de partager un repas. Il est du reste très intéressant de faire dans la Bible une étude centrée sur le thème du repas.

— Dans Genèse 18, lorsque Dieu vient à la rencontre d’Abraham pour lui annoncer la destruction de Sodome et Gomorrhe, ce dernier Lui prépare un repas.

— Jésus a donné à ses disciples l’enseignement le plus profond lorsqu’il était avec eux dans la chambre haute partageant le repas de la Pâque.

— Les disciples d’Emmaüs vont reconnaître le Seigneur ressuscité alors qu’ils partagent le repas avec Jésus : « Pendant qu’il était à table avec eux, … alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. » (Luc 24.30-31).

— Après sa mort et sa résurrection, Jésus vient à la rencontre de ses disciples sur le bord du lac de Galilée (Luc 24.36-49). Le Seigneur leur prépare alors un repas : du poisson, du pain et du miel. Autour de ce pique-nique, Jésus partage avec eux l’enseignement de la Parole et de la volonté de Dieu.

— Lorsque Jésus promet de venir habiter dans notre cœur, il illustre cette habitation de l’Esprit en nous par l’image d’un repas : « J’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. » (Apocalypse 3.20).

Ainsi notre église organise des agapes, non seulement pour le plaisir de manger, mais surtout parce que la communion fraternelle et le partage d’un repas sont nécessaires à l’équilibre et au développement de l’Eglise. Certaines personnes sont venues pour la première fois pour prendre un repas. Elles ont ainsi, à cette occasion, partagé avec des chrétiens l’Evangile, et se sont approchées plus tard de Jésus-Christ.

4. Eglise-chapelle (les prières)

Une Eglise est aussi un lieu de prières. On s’y arrête pour s’agenouiller et prier.

Il n’y a pas d’équilibre dans une Eglise sans ces quatre piliers.

Dans le livre des Actes, lors de la fondation de la première Eglise, celle de Jérusalem, le récit biblique (Actes 2.42) résume la vie de cette communauté sous ces quatre aspects : l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain, les prières.

Nous devons, pour assurer l’équilibre de notre Eglise, développer ces quatre éléments stabilisateurs. De cette façon chaque membre trouvera dans sa propre vie spirituelle une bonne stabilité par rapport à son Eglise. Travaillons donc pour consolider l’équilibre de notre Communauté.

Si la crainte de l’Eternel est le commencement, le fondement de la sagesse, de l’équilibre, il reste néanmoins plusieurs domaines, de ces petits compartiments de notre vie, où nous devons être équilibrés et sages.

Ces différents sujets seront abordés dans les prochaines prédications.

Prédication apportée par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin – Bulletin “Résurrection“ de septembre à décembre 1991.

[1] Le Herald of Free Enterprise est un ferry de la compagnie Townsend Thoresen, filiale de P&O qui assurait la liaison transmanche entre Douvres et Zeebruges. Il chavira le 6 mars 1987 au large du port de Zeebruges, faisant 193 victimes.. Déséquilibré subitement par une masse d’eau s’engouffrant par l’arrière, le navire a basculé et provoqué ainsi la mort de nombreux passagers. (Wikipédia)

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