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Une minute pour chaque jour (2)

Une minute pour chaque jour (2)

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L’Amour

Le plus grand mystère de la vie, c’est la vie elle-même. Les vivants ont la vie mais, l’ayant, aucun ne sait vraiment ce qu’il a.

Qu’est-ce que c’est que la vie ?

— Dire qu’il n’y a pas, sur toute la terre, une seule personne qui connaisse la réponse à cette question !

Et au-delà de la vie de l’homme, il y a l’existence de l’univers tout entier, de ce monde hallucinant au sein duquel notre soleil lui-même n’est que poussière.

Et l’on sent bien que tout cela fait partie d’un seul et même mystère.

Eh bien, on sent aussi que, de tout ce que nous connaissons, une seule chose est à la taille de ce mystère, et que c’est l’amour. On sent quoi ! on sent qu’entre le mystère de la vie et l’amour, il y a des liens profonds, une parenté secrète ; que tout cela vient de la même source.

Quand Jésus dit que le plus grand commandement c’est d’aimer, ce n’est pas parce que l’amour représente une bonne morale, c’est parce que l’amour seul, à travers toutes les épaisseurs de mystères, nous arrive de la source de la vie et des mondes … et qu’il est seul digne d’y retourner.

“Une minute pour chaque jour” – 13 avril

Bénédiction

Nous avons de la bénédiction une idée qui tire du côté du parapluie.

Etre béni, selon nous, c’est être à l’abri. La forme suprême de la bénédiction, à nos yeux, c’est de jouir d’une paix royale.

Or, la bénédiction, ce n’est ni d’être à l’abri, ni d’avoir la paix. C’est de connaître la vérité. Et nous ne découvrons la vérité, la plupart du temps, qu’à travers les secousses, les épreuves, les malheurs ; qu’à travers tout le contraire de la petite vie paisible que nous tenons pour une vie bénie.

La plus belle vie que nous puissions vivre, ce n’est ni la plus facile, ni la plus tranquille : c’est la vie dans laquelle, douloureusement souvent, on se rapproche de ce qui est vrai.

Tant que nous préférons la tranquillité à la vérité, nous sommes imbénissables.

“Une minute pour chaque jour” – 11 janvier

Ni trop jeune ni trop vieux !

Quand on est enfant, les grandes personnes nous disent : « Quand tu seras grand … » La vie, c’est donc pour plus tard.

— Pour plus tard ?

— Eh bien, me voici à 25 ans … mariage, profession, plus rien ne manque. Je l’ai donc, cette fois, la vie …

— Mais, Monsieur, me disent les gens d’expérience, dans votre profession, avant d’avoir dix ans de pratique, on n’est rien !

35 ans, 40 ans, 45 ans …
Me voici à 50 ans. Cette fois je l’ai, la vie : j’ai l’expérience, j’ai voyagé, j’ai goûté à tout… Mais ce sont mes enfants qui me répondent :

— La vie, papa ? la vie, mais il t’en reste juste encore un peu. La vie, c’est quand on a 20 ans.

J’en ai maintenant 60 …

— « Il se conserve bien », dit-on derrière moi … à 30 ans, ça devait être quelqu’un.

Moi, je n’y comprends plus rien.

— Ne cherche pas trop, vieillard, la vie pour toi s’achève … c’est fini … tu as vécu …

C’est fini ? et alors c’était quand ?
Heureusement quand même qu’il y a Quelqu’un pour qui on n’est jamais ni trop jeune ni trop vieux, et pour qui notre vie c’est toujours aujourd’hui, même le jour de notre mort.

Philippe Zeissig (1920 – 1992)
“Une minute pour chaque jour” – 22 mars

“Une minute pour chaque jour”, volume 1 (décembre à mai)
Editions Ouverture, Collection “L’avenir du présent”
Le Mont-sur-Lausanne (Suisse)
Septembre 1983, 2e édition, 9e mille
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque de notre église (référence I48).

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