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Touche pas à ma foi ! (3)

Touche pas à ma foi ! (3)

VOLET 6
“Si Dieu existait, il n’y aurait pas tant de mal et de souffrance parmi les hommes.”
Matthieu 13.24-30, 36-43 – 1 Pierre 3.15

Ce volet 6 est à reprocher du message d’évangélisation “Si Dieu existait !…” du 4 mai 1991 (en audio MP3).

Nous abordons ici un autre préjugé très répandu. En apparence il semble plus coriace que les autres. Il est en fait tout aussi fragile. Cette nouvelle objection est la suivante : “Si Dieu existait, il n’y aurait pas tant de mal et de souffrance parmi les hommes. Il n’y aurait pas autant de guerres et de famines dans le monde.”

Le raisonnement est le suivant : un Dieu bon et aimant ne tolérerait ni le mal, ni la souffrance dans le monde. Un Dieu tout puissant pourrait supprimer le mal et la souffrance. Si Dieu est à la fois bon et tout puissant, il ne devrait plus y avoir ni mal ni souffrance dans le monde. Or le monde est rempli de mal et de souffrance, donc c’est la preuve que Dieu n’existe pas.

Charles Péguy a écrit : “Il y a quelque chose de plus dangereux qu’une mauvaise pensée : c’est une pensée toute faite.” Nous avons tous ce genre de pensée. Dans le domaine religieux, beaucoup de gens ont une pensée toute faite, sans avoir pris la peine de réfléchir sérieusement sur le sujet.

Aux questions qu’on lui posait, Jésus a souvent répondu de la façon suivante : « N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures ? » (Matthieu 12.3, 5 et 21.16, 42,…). Cela signifie que la réponse à nos questions se trouve dans l’Ecriture. Jésus a souvent cité l’Ecriture pour répondre aux questions qu’on lui posait. Autrement dit, si nous lisions plus souvent la Bible, nous aurions beaucoup moins de questions à nous poser. Nous pourrions ainsi répondre plus facilement à ceux qui nous demandent raison de l’espérance qui est en nous.

Dans la parabole du bon grain et de l’ivraie (Matthieu 13.24-30 et 36-43), Jésus traite de la question de la présence du mal et de la souffrance dans le monde. Les paraboles de Jésus contiennent des réponses aux questions fondamentales de l’homme. Souvent nous pensons que ces belles petites histoires racontées par Jésus sont destinées surtout aux enfants. C’est une erreur. Quand Jésus a raconté ces paraboles, il ne s’adressait pas aux enfants, mais bien aux intellectuels de l’époque : les docteurs de la loi, les scribes et les pharisiens. Quand le Fils de Dieu parle, les petites histoires deviennent de grandes réponses. Dans la parabole du bon grain et de l’ivraie, Jésus nous apprend que Dieu a choisi dans sa sagesse et sa souveraineté de laisser grandir ensemble et le bien et le mal jusqu’à la moisson, jusqu’à la fin du monde, jusqu’au jugement dernier.

En quelque sorte le dilemme de l’existence de Dieu et de la présence du mal dans le monde vient de l’opposition que nous dressons entre la souveraineté de Dieu et la liberté de l’homme. Dieu a créé l’homme libre, libre de choisir, de décider, d’aller et venir, libre de dire oui ou non au Créateur. Pour arrêter le mal dans le monde, Dieu devrait enlever à l’homme l’un des plus beaux cadeaux qu’il lui ait fait : la liberté.

Chaque fois que l’homme exerce son libre arbitre, c’est pour faire le mal. Dans le monde cinématographique japonais, un grand réalisateur disait, voici quelques années : “Les hommes ne font rien pour être heureux. Ils font tout pour être malheureux. C’est un mystère. Ce thème revient dans tous mes films.” Ces paroles ressemblent très fort à ce que Jésus a dit : « La lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises. » (Jean 3.19). Ainsi donc les hommes ont préféré le mal, la souffrance, la famine, la guerre, la prostitution, la méchanceté, la haine. L’apôtre Paul fait peut-être allusion à ce choix de l’homme en parlant du “mystère de l’iniquité” (2 Thessaloniciens 2.7). Il y a en effet ce mystère du mal, ce mystère du péché : pourquoi l’homme libre choisit-il le mal en préférence au bien ? Alors qu’il sait qu’il va souffrir à la suite à son mauvais choix. Combien de drogués ont commencé en sachant ce qui les attendait. Pourquoi ? Pourquoi choisir l’adultère plutôt que la fidélité alors qu’on sait qu’il va conduire à l’échec ? Pourquoi nos chefs d’États et nos leaders politiques préfèrent-ils les pots de vins plutôt que le bien du peuple ? Pourquoi préférer le mal au bien ? C’est le mystère de l’iniquité.

Présentons le dilemme d’une autre façon en utilisant l’image suivante. Imaginez être un grand roi ayant dix fils. Le patrimoine à partager entre ces dix enfants est la planète Terre. Dès que la répartition en dix parties égales est faite, ces fils vont acheter des soldats, des armes. Pour pouvoir en acheter plus, ils vont favoriser le commerce de la drogue, de la prostitution, corrompre, voler, commettre des méfaits, s’entre-tuer, détruire la terre, etc. Qu’allez-vous faire ? Vous le roi tout puissant, vous le père tout aimant, qu’allez-vous faire ? Tuer vos fils ? Les enfermer et les priver de liberté, vous qui souhaitez les voir libres et heureux ? Que faire ? C’est le dilemme dans lequel se trouve Dieu. Dieu a choisi de laisser grandir ensemble le bien et le mal, jusqu’à la moisson.

Dans ce problème, ceux qui font l’objection en question, raisonnent faussement. Ils voudraient que Dieu intervienne dans le monde pour stopper le mal mais toujours et uniquement chez … les autres ! Les gens souhaitent l’intervention de Dieu en Yougoslavie par exemple. Mais pour intervenir dans ce pays, Dieu devrait éliminer la moitié de la Yougoslavie. Il devrait frapper les gouvernements et les diverses puissances qui y interviennent pour entretenir le conflit. Il devrait stopper les usines qui fabriquent les armes utilisées et fermer les banques qui financent les hostilités. Ceci pour le cas de l’ex-Yougoslavie. Mais il devrait faire la même chose pour les problèmes du Rwanda, de l’Angola, du Zaïre, de l’Iraq, de l’Iran, de l’Afghanistan, du Tibet, du Tchad, de la Colombie, de la Turquie, de l’Algérie, de la Libye, de la Syrie, de l’Ethiopie, de la Bolivie, de la Somalie, de Cuba, d’Irlande, de Haïti, du Paraguay, du Cambodge, d’Israël, de la Chine, du Népal, etc. Sans parler des “affaires” et des scandales qui caractérisent aussi les responsables de nos pays occidentaux.

Pour stopper le mal dans le monde, Dieu devrait arrêter le monde entier.

Nous sommes en effet toutes parties de ce problème du mal dans le monde. La racine du problème est là : chacun prétend n’avoir jamais fait le mal. Nous, chrétiens, avons affirmé aussi la même chose, jusqu’au jour où le Saint-Esprit a touché notre cœur et nous a montré que le mal est aussi en nous et que nous faisons partie du problème du mal dans le monde. Le même mal qui incite ce guérillero à pousser sur la gâchette est en nous ! La différence pour nous chrétiens, c’est que le Saint-Esprit nous a convaincus que nous sommes mauvais, que notre cœur est tortueux. Ainsi, nous avons reconnu notre faillite et sommes venus au pied de la croix pour demander le pardon de Dieu par le sang qui a coulé à la croix du Calvaire. Mais dans cette question, il y a autre chose de plus pervers. Beaucoup de personnes ne souhaitent pas être délivrées du mal, mais seulement des conséquences du mal. Le monde ne souhaite pas être délivré de l’homosexualité ni de la drogue ; il veut seulement être délivré du sida. L’homme dit à Dieu : “Laisse-nous faire le mal, mais occupe-toi des conséquences et surtout évite-nous les souffrances inhérentes à nos divers méfaits.” L’homme veut ainsi garder le profit lié à la vente du matériel de guerre mais laisse à Dieu le soin des enfants mutilés ou tués, des soldats blessés, des milliers de réfugiés. L’individu veut vivre son égoïsme, gaspiller son argent, consacrer son temps à des futilités, mais demande à Dieu d’assister le pauvre. En Europe, l’homme veut continuer à dilapider les richesses qui devraient être gérées avec sagesse, mais il exige de Dieu qu’il s’occupe des sans-logis, des misérables. Des tonnes de beurre, de lait, de viande sont stockées dans de gigantesques frigos de la Communauté Européenne. Et on veut que Dieu s’occupe des Haïtiens, des Roumains, des Ethiopiens, etc. On est offusqué devant la mort d’enfants sidéens, on se demande comment Dieu permet cela, … mais on veut vivre sa sexualité librement et sans contrainte. Tel est l’esprit du monde : “Laisse-moi tromper ma femme, Dieu ! Arrange-toi pour qu’elle ne le sache jamais et qu’elle continue à nettoyer la maison, faire les lessives et repasser mes vêtements. Laisse-moi profiter de mon péché. Mais toi Dieu, occupe toi des conséquences, pour que ça ne se gâte pas et que mes enfants n’en souffrent pas.” Tel est le “jeu” du monde. Et l’on continue à tendre le poing vers Dieu.

Et que dire des famines du XXe siècle qui chaque année nous jettent aux yeux des images insoutenables, pendant que les gouvernements de ces pays affamés dépensent des fortunes à acheter des canons et des bombes au lieu de matériel agricole, de vivres et de semences. François Mitterrand, invité sur un plateau de télévision, disait en voyant des images d’actualités : “On dirait que les hommes aiment la guerre.” La Bible dit non pas “on dirait” mais elle affirme que les hommes aiment la guerre. Effectivement les hommes aiment la guerre, les querelles, le mal, le péché. Quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises.

Pourquoi Dieu permet-il le mal dans le monde ? Parce que les hommes ont choisi le mal et que Dieu respecte la liberté qu’il leur a donnée. Ne lui reprochons pas un des plus grands cadeaux qu’il nous ait fait : notre liberté. Tous ceux qui portent l’objection susmentionnée devraient réfléchir et savoir s’ils accepteraient que Dieu les prive de leur liberté. Nous souhaitons que Dieu arrête tous les trafiquants de drogue, élimine la mafia en Russie et en Italie, anéantisse les terroristes, les violeurs d’enfants, les égorgeurs d’adolescents, les proxénètes, les responsables de scandales financiers, etc. Pour mettre fin au mal dans le monde, Dieu devrait arrêter le monde entier. L’humanité entière participe à ce problème. Tous nous commettons le mal. Nous sommes tous pécheurs et impliqués. L’Ecriture affirme que tous sont pécheurs (Romains 3.23). Il existe une maladie au cœur de l’humanité et aucun philosophe ne peut y apporter remède. Cela réside au niveau du cœur de l’homme.

En 1948 Albert Einstein disait : “Le vrai problème de tous les temps se trouve dans le cœur et les pensées des hommes. Il ne s’agit pas d’un problème physique mais d’un problème moral. Il est plus facile de modifier la composition du plutonium que le mauvais esprit d’un individu. Ce n’est pas la puissance d’explosion d’une bombe atomique qui nous effraie mais la puissance de méchanceté du cœur humain, sa force d’explosion pour le mal.”

Pour arrêter le mal dans le monde, Dieu devrait arrêter le monde entier, et un jour … il le fera ! Un jour Dieu arrêtera le monde entier et dira définitivement : c’est assez ! Un jour Dieu dira : “Assez de meurtres, de viols, de pornographie, d’adultères, de mensonges, de scandales, de fraude, de guerres, de corruption, de haine, d’enfants maltraités, de prostitution, de drogue, de sang versé, … assez de péchés !”

La moisson c’est le jugement. Jésus a parlé du mauvais grain, de l’ivraie. Mais Il a parlé aussi du bon grain. Le bien et le mal grandissent ensemble, comme le blé et l’ivraie. Il n’y a pas que le mal qui grandisse dans le monde. La technologie moderne permet une large diffusion du mal et son rayonnement se développe de plus en plus. L’iniquité grandit. Le bon grain croît aussi. Il y a plus de bien aujourd’hui qu’au temps des apôtres. Il n’y a jamais eu autant de missionnaires qu’aujourd’hui. Paul serait surpris s’il revenait de nos jours pour découvrir ces dizaines de milliers d’hommes et de femmes consacrés à Jésus-Christ, qui prêchent l’Evangile, fondent des Eglises, baptisent des croyants, enseignent la Parole. Le blé a poussé. Il n’y a jamais eu tant d’argent consacré à l’Evangile qu’aujourd’hui dans le monde. Il ya des millions de bibles distribuées en Chine, en ex-URSS et partout dans le monde. A l’époque des apôtres, quelques manuscrits seulement circulaient. La bonne semence a effectivement poussé. Jamais autant de bibles n’ont été imprimées dans l’Histoire de l’humanité. Notre génération a produit plus que les précédentes. L’Evangile n’a jamais atteint autant de personnes dans le monde qu’aujourd’hui. Si le mal a fait du progrès, l’Evangile aussi. Le nombre d’églises n’a jamais été aussi élevé. Jésus a dit : « Laissez croître ensemble l’ivraie et le bon grain jusqu’à la moisson. » (Matthieu 13.30). Si Paul, Jacques et Jean revenaient aujourd’hui, ils constateraient l’utilité de la technologie moderne mise au service de l’Evangile répandu dans le monde entier par le moyen de la télévision, de la radio, des transmissions via les satellites de communications, des cassettes audio et vidéo, de la page imprimée. Le bien et le mal ont effectivement progressé ensemble depuis que le Christ a raconté cette parabole du bon grain et de l’ivraie.

Pourtant avant la moisson, avant le jugement dernier, Dieu a choisi d’intervenir. C’est pourquoi il a envoyé les prophètes, les messagers de son amour, de la vérité, de la justice, de son pardon. Ces messagers ont été lapidés, tués, torturés, sciés. Puis un jour Dieu décide d’envoyer son Fils qui n’a pas été écouté, que l’on a frappé et crucifié. Dieu a envoyé son Fils comme le Prince de la paix, pour instaurer la paix dans le monde. Il a été crucifié ! La vraie question qui se pose est : Comment Dieu a-t-il permis que les hommes portent la main sur son Fils, et le crucifie ? Comment Dieu a-t-il permis la croix de Golgotha ?

La Parole de Dieu donne la réponse à cette question. Par amour ! Telle est la bonne nouvelle de l’Evangile. Et un jour viendra la fin. Un jour viendra le “Assez” ! Cela fait partie de la Bonne Nouvelle. Le mal ne triomphera pas.

Derrière cette objection se cache le péché le plus grave : l’orgueil. En effet, dire : “Si Dieu existait il n’y aurait plus de guerres, de souffrances.”, équivaut à dire : “Si j’étais Dieu, je ferais mieux que lui. J’aurais un meilleur cœur que lui.” Telle est la signification de cette objection. Quel orgueil ! Il faut être orgueilleux pour dire : “Si seulement je pouvais, je ferais de ce monde, un monde meilleur.” C’est le sommet de l’orgueil, de la rébellion, de la bêtise. Qui ferait mieux que Dieu en respectant la liberté de l’homme ? Si vous gardez dans le cœur cet a priori, cette objection, il est capital de prendre conscience de votre orgueil. La Bible dit : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » (Jacques 4.6). Que Dieu vous donne un cœur humble pour recevoir la révélation de ses Paroles.

Prédication apportée par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin – Bulletin “Résurrection” de septembre, octobre et décembre 1994, janvier à mars 1995, mai et juin 1995.

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