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Quand Jean nous parle de Jésus

Quand Jean nous parle de Jésus

Jean 1 : 19-34

VOLET 1

Le quatrième évangile selon Jean est très différent des trois précédents. Il n’est pas question de déprécier Matthieu, Marc et Luc, mais de souligner que Jean perçoit et retrace la vie de Jésus-Christ sous un angle différent. Cet évangile répond d’une manière particulière à la question qui a traversé tous les siècles : “Qui est Jésus de Nazareth ?” Aujourd’hui, cette question reste d’actualité.

Régulièrement, des ouvrages sortent de presse (livres, magazines, etc.) qui traitent de cette question. Des revues comme le Vif Express ou le Figaro magazine, parlent de Jésus, parfois à la suite de nouvelles découvertes archéologiques. La revue Historia a publié un numéro hors série consacré à Jésus avec pour titre “Que sait-on aujourd’hui de Jésus ?” A côté de cela sortent des ouvrages très scientifiques de théologie et de doctrine chrétienne.

Jean apporte une multitude de réponses dans son évangile, réponses venant de la bouche même de Jésus, parmi lesquelles les sept « JE SUIS » :

Je suis le pain de vie. (Jean 6.35),
Je suis la lumière du monde. (Jean 8.12),
Je suis la porte des brebis. (Jean 10.7),
Je suis le bon berger. (Jean 10.11),
Je suis la résurrection et la vie. (Jean 11.25),
Je suis le chemin, la vérité et la vie. (Jean 14.6),
Je suis le vrai cep. (Jean 15.1).

Remarquons qu’il y a un huitième « JE SUIS », tout particulier, “sec” et sans attribut : « Avant qu’Abraham fût, JE SUIS. » (Jean 8.58).

Il y a une multitude d’autres réponses dans les textes de Jean : 1.1-3, 1.14, 1.18, 1.33-34, 1.36, 1.41, 1.49, 3.17, 5.21-24, 5.27, 6.47, 7.46, 8.23, 16.13-14, 18.33-37, 20.28.

Chaque page de l’Evangile donne une réponse à la question “Qui est Jésus ?” Pourquoi une telle avalanche de réponses spécialement dans l’Evangile de Jean ? Pourquoi autant d’affirmations concernant l’identité de Jésus ? Parce que la question est capitale et que l’enjeu est énorme. Jésus a dit : « Si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés. » (Jean 8.24). Il est capital de reconnaître Jésus pour ce qu’il est, car il s’agit de notre SALUT, de la vie éternelle. Le salut, ce n’est pas seulement croire en Jésus, mais reconnaître tout ce qu’il est, ce qu’il a lui-même proclamé être. Il était important que l’apôtre Jean remplisse le texte biblique de réponses à cette question, pour que personne ne puisse dire : “Je ne savais pas ! Je n’ai pas compris.”

Devant le tombeau de Lazare, Jésus dit à Marthe : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » Il ajoute : « Crois-tu cela ? » Marthe répond : « Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir dans le monde. » (Jean 11.20-27).

Jésus pose encore la même question maintenant ! Crois-tu cela ? Que Jésus vient d’en-haut, qu’il est le Fils de Dieu, le Messie, le Sauveur du monde, qu’il va juger le monde ? Si l’on comparaît l’évangile de Jean à une chaîne de montagnes vue d’avion, on distinguerait des pics prestigieux et de toute beauté. Quelques exemples :

Dans Jean 1.1 et 14 ;
Au chapitre 20 v 28, Thomas fait sa profession de foi et dit à Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu. »

L’évangile selon Jean est l’évangile de l’amour. Jean a été surnommé “l’apôtre de l’amour”. Dans les déclarations de Jean et du Christ, se trouve le plus grand et le plus beau message d’amour que l’humanité ait entendu. Dieu aime le monde (Jean 3.16) et le Fils (Jean 17.26), Jésus aime les disciples (13.34), les disciples doivent s’aimer (v. 34). Ceux-ci reçoivent donc un nouveau commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis. » (Jean 17.13-14). Les disciples de Jésus doivent s’aimer et aimer les commandements de leur Maître. Aimer le Christ, c’est garder sa Parole.

Jésus voulait être aimé. A la fin de l’évangile selon Jean, Jésus pose trois fois à Pierre la même question « M’aimes-tu ? » et par trois fois, Pierre déclare « Tu sais que je t’aime. » (Jean 21.15-17). L’évangile selon Jean baigne dans l’amour. C’est le livre biblique qui utilise le plus le mot “amour” et le verbe “aimer”. Dans son évangile, l’apôtre Jean ne donne pas son nom. Il nomme les autres, mais pas lui. Il s’identifie par rapport à l’amour de Jésus : « Le disciple que Jésus aimait. » (Jean 20.2 ; 21.7 et 20).

La surabondance d’amour n’étouffe pas la vérité. On retrouve d’ailleurs le couple amour et vérité. C’est Jean, qui utilise le plus le mot “vérité”. A côté des paroles d’amour, il y a des paroles sévères, des paroles de vérité. Dans Jean chapitre 8, Jésus dit aux pharisiens : « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Il est menteur et le père du mensonge. Et moi, parce que je vous dis la vérité, vous ne me croyez pas… Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de Dieu ; vous n’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu. » (Jean 8.44-47). L’amour de Dieu n’est pas un amour de faiblesse, ni un amour sans loi. C’est un amour dans la vérité et la vérité dans l’amour.

L’évangile selon Jean est l’écrit le plus théologique du Nouveau Testament. Il y a de la doctrine à toutes les pages. Et cependant le texte, la structure, le vocabulaire, sont d’une simplicité étonnante. Simplicité et profondeur, simplicité et richesse, simplicité et beauté. Les spécialistes qui ont étudié le texte, ont découvert que l’auteur utilise un vocabulaire de 700 mots qui est le vocabulaire d’un enfant de sept ans ! Avec ce vocabulaire simple, l’auteur descend dans les profondeurs de Dieu et de la nature humaine.

Quand je peux donner un conseil aux étudiants de l’IBB, je leur recommande d’être simples, clairs, de se faire comprendre et de ne pas compliquer pour éblouir, épater, jouer les intellectuels et les savants. C’est le conseil que donnait aussi Luther à ses étudiants : être simple dans l’enseignement et la prédication. Luther lui-même appliquait ce principe et les gens aimaient venir l’écouter, parce qu’ils le comprenaient.

Nous, chrétiens, nous ne nous arrêtons pas à l’auteur de l’évangile selon Jean, mais nous honorons l’Esprit de Dieu qui a inspiré les Ecritures et tous les auteurs des textes sacrés.

Après ces éloges de l’Evangile selon Jean, il ne faut pas commettre l’erreur de considérer Matthieu, Marc et Luc comme du “second choix”, car les trois premiers évangiles ont leur place à côté de celui de Jean. Sans eux, il y aurait beaucoup de lacunes sur la personne, les paroles et les actes de Jésus-Christ. Nous n’aurions pas une seule parabole, car Jean n’en a repris aucune. Beaucoup d’enseignements manqueraient au christianisme : les récits de la naissance de Jésus, la présentation au temple, le sermon sur la montagne, les discours sur la fin du monde, le témoignage des disciples d’Emmaüs, Zachée le publicain, la bénédiction accordée aux petits enfants, et les miracles. Trente miracles au moins sont rapportés dans les trois premiers évangiles, alors que Jean n’en rapporte que six. Si nous n’avions pas les quatre évangiles, le Nouveau Testament serait comme un puzzle où manqueraient des pièces.

Quel est le but de l’évangéliste Jean ? Il donne lui-même la réponse : « Ces choses ont été écrites, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ (le Messie), le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. » (Jean 20.30-31). L’apôtre veut convaincre et conduire des âmes à Jésus-Christ. Il veut le salut des hommes. C’est aussi la mission de toute église évangélique qui veille à répandre la Bonne Parole et à gagner des âmes à Jésus-Christ.

Que celui qui appartient à Jésus-Christ grandisse dans la foi ! Et que celui qui n’appartient pas encore à Jésus-Christ vienne à lui et l’accepte comme son Sauveur personnel !

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