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Pardon et justice

Pardon et justice

Votre réponse sur le pardon (courrier des lecteurs paru dans Dimanche no.34), nous laisse, nous victimes, avec toutes nos frustrations. Pourquoi ? Parce que tout acte de pardon passe par la justice et que vous n’en parlez qu’à peine. Lorsque l’on a été victime (je le fus de l’inceste), le seul chemin de paix et de sérénité s’appelle : justice.

Comment établir une véritable justice ? La vraie justice passe par la reconnaissance du péché, de la faute commise. Sans cette reconnaissance, par le responsable coupable de cette faute, rien n’est possible ! Pourquoi ?

L’enfant prodigue revient chez son père, oui. Mais qu’a-t-il fait avant cela ? Un “examen de conscience”, disait-on dans ma jeunesse. C’est-à-dire qu’il a reconnu sa faute, puisqu’il veut dire à son père : “Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils”.

Des “parents” commettant de si graves fautes que l’inceste, la maltraitance ou l’indifférence – mortelle pour l’enfant – doivent d’abord se regarder eux-mêmes, en face et sans détour. La justice passe par toute la vérité. Or, il est établi que de tels parents ne reconnaissent jamais leur faute (…).

J’ai voulu pardonner à mon père – alors que lui n’a aucun repentir – mais ce fut plus grave encore ! Car il s’est servi, pour mentir encore, de ce pardon que je lui avais donné. Alors, faut-il tout pardonner ? Même lorsque l’autre n’éprouve aucun remords, ne veut même pas regarder sa faute en face, voire même l’admettre ? […]

Ce n’est pas à l’enfant, que votre correspondant a été, de faire tout ce chemin seul vers le pardon à accorder ; mais à ses parents à reconnaître leur terrible comportement. Le pardon à accorder passe par le repentir ; le retour de l’enfant prodigue, sinon qu’y a-t-il à pardonner ? L’enfant prodigue revient chez son père et dit : “Je ne suis plus digne” et il n’a pas commis (dans l’histoire) de crimes aussi graves que ceux dont nous parlons ! (…)

Laissez-Lui le soin de pardonner, si eux ne vous ont pas demandé pardon. Remettez-vous en à sa justice qui, elle, n’oubliera aucune de vos larmes, mais connaît également la part de la souffrance de vos parents, leur part exacte de responsabilité. Ainsi, en Lui et avec Lui, il n’y aura pas d’injustice. Lui seul connaît toute la vérité. Sa justice est parfaite. Que cette certitude vous mette dans la paix, comme elle l’a fait pour moi. Sans haine aucune, sans désir de vengeance, mais, oui, “assoiffée de justice”. Et nous le savons, nous serons rassasiés !”

B.O.

(N.D.L.R.) cet extrait de courrier nous rappelle une leçon fondamentale de I’Evangile, à savoir que le pardon n’est pas seulement « à donner » mais surtout et peut-être avant tout « à demander ».

Apprenons à reconnaître honnêtement et courageusement nos torts, nos péchés afin de savoir demander le pardon à Dieu et à ceux que nous avons offensés.

In bulletin ’Résurrection’ de janvier 1999.

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