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Le prophète Daniel : dans le monde, et pourtant entièrement consacré (1/2)

Le prophète Daniel : dans le monde, et pourtant entièrement consacré (1/2)

VOLET 2
ENTIEREMENT CONSACRÉ

Un exemple biblique de fidélité : Daniel

Daniel et ses trois amis entrent dans la ville de Babylone, énorme, puissante, glorieuse, orgueilleuse, imprenable et séduisante. Ils arrivent là comme otages. Daniel est jeune, environ 20 ans.

Un dictateur règne à Babylone : Nebucadnetsar ! Son règne va durer 43 ans sur l’empire le plus puissant du monde d’alors.

Dans l’interprétation biblique de l’Ancien Testament, Babylone est le symbole du monde, ennemi de Dieu, et Nebucadnetsar est un des types de l’antichrist. Le roi va essayer de faire de ces hommes des robots humains. Il va les façonner pour les rendre, en quelque sorte, conformes à sa volonté.

Parmi ces jeunes gens issus du pays d’Israël, le roi va commencer par faire une sélection. Il va choisir les plus beaux, les plus forts, les plus intelligents, les mieux instruits, ceux qui sont de sang royal ou de famille noble. Nebucadnetsar ne veut pas employer n’importe qui à son service. Il prend l’élite. Hitler, autre dictateur de sinistre mémoire, suivait la même philosophie. Lui-aussi choisissait l’élite, et de plus, il détruisait tout le reste !

Première étape du programme de Nebucadnetsar pour les jeunes déportés : il va les gaver comme des oies. Il veut ainsi les séduire en les “prenant par le ventre“. Pour bien disposer leur esprit, on va soigner leur estomac !

Deuxième étape : on va changer leur nom. Le nom de ces jeunes gens hébreux, choisi par leurs parents juifs, va être effacé. On tente de les déraciner davantage, de les dépersonnaliser.

Troisième étape : on va les instruire, leur apprendre une nouvelle langue, les dé/former dans la sagesse de Babylone. Ils vont en fait subir un lavage de cerveau. Ces mêmes méthodes sont encore utilisées aujourd’hui dans des systèmes totalitaires reconnaissables à leurs goulags et autres hôpitaux “psychiatriques“.

Pendant trois années, ces jeunes gens seront ainsi éduqués. Que va faire Daniel ? De suite, il va choisir la voie de la fidélité. Immédiatement, dès le début de sa captivité, d’emblée il commence par obéir à Dieu.

Quelle leçon pouvons-nous tirer de cette attitude de Daniel ? Non seulement il est important de se convertir pendant le temps de la jeunesse, mais il est primordial de se consacrer dès cette étape de la vie. Bien des jeunes attendent trop longtemps pour se convertir ou traînent ensuite pour se consacrer totalement. Ainsi, ils vivent leur foi du bout des doigts. L’Ecriture dit pourtant : « Souviens-toi de ton Créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s’approchent où tu diras : je n’y prends point de plaisir. » (Ecclésiaste 12.1).

Samson est le type du chrétien qui connaît Dieu mais refuse de se consacrer… et qui rate sa vie ! Daniel est le type de chrétien qui connaît Christ, est consacré, et rencontre la réussite dans tout ce qu’il entreprend.

Il est donc utile de rappeler aux parents qu’ils doivent prier non seulement pour la conversion de leurs enfants, mais aussi pour leur consécration à Dieu.
Le temps de la jeunesse

C’est durant la jeunesse que tout être humain pose les fondements de la vie. De mauvaises racines ne peuvent donner de bons fruits. Le jardinier sait, lorsqu’il plante, que le soin apporté aux racines est essentiel pour la vie de l’arbre. L’enfance, l’adolescence et la jeunesse sont des périodes pendant lesquelles s’enfoncent les racines qui déterminent la qualité des fruits pour toute la vie. Il faut se convertir et se consacrer dès sa jeunesse.

Un jeune, converti à Jésus-Christ, c’est bien, mais un jeune consacré à Jésus-Christ, c’est encore tout autre chose. L’Eglise a besoin de jeunes consacrés à Jésus-Christ.

Mais quelles sont les raisons de se consacrer dès sa jeunesse au Seigneur ?

1/ Un jeune consacré va entraîner avec lui d’autres jeunes. Daniel avait trois amis qui, eux-aussi, vont se consacrer.

2/ Un jeune consacré est inévitablement une source d’encouragement et de joie pour les ainés.

3/ En se consacrant à Jésus-Christ dès le jeune âge, on s’épargne ainsi beaucoup de blessures. Il faut venir à Jésus-Christ avant les ménages détruits, avant les regrets et les haines, avant l’amertume et les blessures toujours lentes à cicatriser, avant les morceaux cassés souvent difficiles à “recoller“, avant les “si je pouvais recommencer !“ et les “ah ! si j’avais écouté !“. Jésus disait : « Dieu est capable de nous préserver de toute chute. » (cf. Jude 1.24) Se consacrer à Jésus-Christ dès la jeunesse, c’est s’éviter bien des blessures et des larmes.

4/ La jeunesse constitue le meilleur moment pour venir à Jésus-Christ parce que le cœur est alors encore docile. Plus on avance dans la vie, plus le cœur s’endurcit et devient insensible. Les statistiques montrent que, lors des campagnes d’évangélisation, la majorité des nouveaux convertis sont jeunes. Certaines tranches d’âge, par contre, se caractérisent par une absence de réponses : c’est le cas pour les tranches d’âge au-delà d’une trentaine d’années. Ceci est aussi valable pour la consécration : si, étant jeune, on ne prend pas la décision de se consacrer, cela devient alors bien difficile plus tard, lorsque le cœur est davantage rebelle.

5/ Venir à Jésus-Christ et se consacrer jeune au Seigneur, est salutaire parce qu’au fur et à mesure que l’on avance, la vie se complique, devient difficile, et les contraintes augmentent.

6/ C’est une chose excellente d’offrir le meilleur à Dieu. Il ne faut pas attendre et n’offrir à Christ que des miettes ou des restes, mais au contraire une vie pure et vierge de tout échec.

7/ Toutes les autres décisions de la vie seront conditionnées par ce choix de la consécration, posé au début de l’existence.

« Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende », jeune ou adulte ! (cf. Luc 8.8 ; 14.35 ; etc.)

Parents, veillons à mettre tout à la disposition des jeunes pour qu’ils puissent se consacrer à Jésus-Christ.
Chrétien, tu es différent des autres !

Face à la pression et au conditionnement idéologiques, dans ce “goulag trois étoiles“ de Babylone, Daniel va se consacrer et fait le choix de la fidélité : « Daniel résolut en son cœur de ne pas se souiller. » (Daniel 1.8a). Autrement dit, Daniel va oser affirmer sa différence : il n’est pas comme les autres, il n’a pas peur de se démarquer des autres, ni de l’esprit qui règne à Babylone. Nous pensons que notre siècle est mauvais, mais tous les siècles précédents l’ont été ! A toutes les périodes de l’Histoire, il a toujours été difficile de marcher fidèlement avec Dieu. Daniel ne cède pas et refuse de se conformer à “l’esprit du siècle“ de son époque.

Nous vivons aussi sous la même pression que celle qu’a supportée Daniel. Le monde veut nous imposer ses valeurs, son style de vie, ses modes, ses habitudes, ses péchés. En tant que chrétiens, n’ayons pas peur d’affirmer notre différence. Soyons-en fiers ! Souvent, nous faisons beaucoup de choses pour être semblables aux autres et faire comme tout le monde. Nous voulons nous habiller, sortir, fumer, nous comporter et raisonner comme les autres. Nous sommes, nous les enfants de Dieu, si troublés par la peur du “qu’en dira-t-on“ !

Daniel se dit : “c’est à Dieu que j’appartiens, c’est lui seul qui me dictera ma conduite, et surtout pas Nebucadnetsar !“

Christ a créé toutes choses. Il est le maître, cependant il n’est pas un dictateur. Il pourrait imposer à toute créature l’obéissance, mais il nous laisse libre de le servir et de l’aimer. Le monde ne doit pas nous dicter notre manière de vivre ou de penser, mais le chrétien doit volontairement choisir la conduite qui plaira à son maître. L’apôtre Jean écrivait : « N’aimons pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde, l’orgueil de la vie, la convoitise des yeux, la convoitise de la chair. » (1 Jean 2.15-16). Les gens du monde ne vivent que pour eux-mêmes. Le chrétien vit autrement : il partage avec les autres, il pense aux autres et prie pour eux, il visite et aime les autres. Le chrétien est différent des autres ; il ne vit pas dans l’infidélité et ne convoite pas la femme de son prochain. Il ne lit pas l’horoscope et ne visite pas la voyante.

Chrétien, tu es différent des autres. Sois fier de cela ! C’est cela l’Evangile. Daniel n’a pas eu peur ni honte malgré toute la pression de Babylone. Nebucadnetsar avait droit de vie et de mort sur tous ses citoyens, à combien plus forte raison sur les déportés. Cependant Daniel ne connaît aucune crainte. Nous ne devons pas être gênés mais au contraire fiers de la croix, fier de l’Evangile, de la Bible, de prier, de notre manière de vivre. Daniel résolut dans son cœur de ne pas vivre comme les autres, de ne pas se souiller comme les autres. Sa décision est un bel exemple pour chacun de nous, et pas seulement pour les jeunes. Parce que j’appartiens à Jésus-Christ, je ne veux pas me vautrer dans le mal, je veux vivre cette différence et en être fier. Daniel ne se préoccupe pas des autres. Il refuse d’être ce poisson mort entraîné par le courant jusque dans la mer. Au contraire, il remonte le courant parce qu’il vit ! Combien d’entre nous ont le courage d’avancer à contre-courant, contre l’esprit du monde, de tenir ferme dans le camp de Dieu, de choisir la fidélité et l’obéissance à Jésus-Christ ?

« Ne nous conformons pas au siècle présent, mais soyons transformés par le renouvellement de l’intelligence afin que nous discernions quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Epître aux Romains 12.2).

Prédication en 4 volets apportée par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin – Bulletin “Résurrection“ de février à mai 1991.

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