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Le prophète Daniel : dans le monde, et pourtant entièrement consacré (1/2)

Le prophète Daniel : dans le monde, et pourtant entièrement consacré (1/2)

Daniel 1-1-16 ; 2.1-6 ; 3.1-25

Voir aussi cet article.

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Prédication en quatre volets :
Séduisante Babylone
Entièrement consacré
Dans le monde, mais pas du monde
Un dictateur mégalomane

VOLET 1
SÉDUISANTE BABYLONE

Ce récit nous plonge dans le temps, 600 ans avant Jésus-Christ et à 10.000 kilomètres de notre pays, en Babylonie. Pourtant, ces choses sont tout près de nous. En effet, la Babylonie s’appelle aujourd’hui l’Irak. Nebucadnetsar est alors le roi de l’Irak.

Le “maître de Bagdad”, dont la presse fait écho si souvent en ces jours, est un successeur de ce Nebucadnetsar. De plus, les conditions rapportées dans ce récit biblique sont semblables au contexte actuel, puisque des hommes vont être pris en otages et gardés contre leur gré à l’étranger. La lecture du livre de Daniel est vraiment d’actualité !

Daniel et ses trois amis font partie des otages que le roi Nebucadnetsar va garder à Babylone.

Quelques remarques : il est troublant de noter que la Bible nous présente cette région du monde comme fertile en événements.

1. Tout d’abord, l’Ecriture place le jardin d’Eden dans cette contrée. En effet, dans Genèse 2, il est écrit : « Dieu planta un jardin en Eden du côté de l’orient … Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là se divisait en quatre bras. » Un de ces bras c’est l’Euphrate ! C’est ce grand fleuve (3.000 km) qui prend sa source en Turquie et traverse la Syrie et l’Irak ; il se réunit au Tigre pour former ce que l’on appelle aujourd’hui le “Chatt al Arab”. Nous sommes en pleine actualité et pourtant ce texte a été écrit voici plus de 2.500 ans. Serait-ce dans cette région que la première rébellion de l’homme contre son Dieu s’est produite ? Serait-ce là le site de la désobéissance d’Adam et Eve ? Beaucoup d’arguments bibliques pourraient le laisser penser.

2. Ensuite, au chapitre 11 de la Genèse, nous retrouvons ce pays sous l’appellation de “pays de Schinear”. Dans cette vallée, les hommes vont se rassembler pour construire une tour, la tour de Babel, ou encore la tour de Babylone. Cette région du monde, serait-elle cette fois encore le site de la rébellion de l’homme contre son Dieu et contre son plan ? « Les hommes se dirent : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel. » Là, de nouveau, l’homme se dresse contre son Dieu. La tour de Babel est en quelque sorte aussi une expression de rébellion, de révolte et d’orgueil.

3. Enfin, troisième remarque, c’est de cette région qu’Abraham sera appelé par Dieu. Abraham vivait dans la ville d’Ur en Chaldée, à savoir la Mésopotamie, l’Irak actuel. Abraham était un Irakien ! Il vivait près de l’Euphrate. Là, il va entendre l’appel de Dieu : « Va-t’en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. » Ainsi donc, Abraham obéit, quitte sa région, sa culture et se rend en Israël, pays promis. Le conflit qui tient aujourd’hui le monde en haleine, concerne ces pays : l’Irak et Israël. Comme c’est étrange !

Daniel va donc être arraché de son pays. Il est adolescent lorsque les troupes de Nebucadnetsar assiègent Jérusalem. Il prend la ville et emmène les jeunes en déportation (586 avant Jésus-Christ).

Daniel, ses trois amis et d’autres Juifs vont faire à pied un voyage de plus de mille kilomètres, quitter leur famille, leur pays et leur temple ! En arrivant à Babylone, ils découvrent une ville splendide, glorieuse et puissante. Trois énormes murailles entourent cette ville imprenable. La première a 10 mètres de haut et 3 de large au sommet. Ces protections s’étendent sur 15 kilomètres et comprennent 9 portes pour accéder à la ville. A l’extérieur de ces murailles, un canal de 80 mètres de large autorise la navigation et contribue à rendre la ville imprenable. Celle-ci contient 8 temples de toute beauté et le palais de Nebucadnetsar. Babylone est construite en carré, et découpée par de grandes avenues parallèles et perpendiculaires, comme New York ou d’autres grandes villes américaines. Une grande avenue centrale de plus d’un kilomètre, traverse toute la ville et conduit au temple du dieu Mardouk. Dans cette ville splendide, les architectes ont créé les jardins suspendus de Babylone, la septième merveille du monde. Daniel entre dans la plus belle ville du monde ! Les briques utilisées pour toutes ces constructions sont marquées du sceau du roi Nebucadnetsar, qui va régner pendant 43 ans à Babylone.

Aujourd’hui, le “maître de Bagdad” rêve que son pays redevienne cette grande puissance de l’antiquité. De nos jours, dans le musée de Bagdad, on peut découvrir une fresque gigantesque représentant Saddam Hussein† face à Nebucadnetsar. On est en pleine actualité !

En entrant dans la ville, Daniel et ses trois amis découvrent la grandeur, la puissance, la richesse et la beauté de Babylone, la ravissante Babylone.

Mais pourquoi tant de détails historiques, archéologiques, architecturaux relatifs à Babylone ? Parce que je veux faire ressortir la foi et la fidélité de Daniel et de ses trois amis. Ils ne vont pas se laisser impressionner ni séduire par la beauté, la puissance, la grandeur de cette cité. Malgré la pression exercée par celte civilisation sur leur foi, ils ne bronchent pas et restent fidèles, ancrés à leurs convictions. Plus encore, mieux encore, par sa fidélité à son Dieu, Daniel va défier la puissance de Babylone.

Dans l’interprétation biblique, cette ville est le symbole du monde, du système anti-Dieu, et Nebucadnetsar est une des figures de l’antichrist. Daniel va être confronté à la pression d’un monde hostile, ennemi de sa foi, mais il ne cède pas d’un pouce. Babylone veut faire de ses gens des robots humains obéissants, intelligents, productifs et soumis.

Voici une vingtaine d’années, j’ai pu voir un dessin animé pour adultes. Film muet, juste des bruitages sans conversations ni dialogues. Dans ce pays, tous les habitants portent à la tête un bandeau maintenant une plaque de métal derrière la tête. Les petits, les grands, les vieux, les jeunes, tous portent ce bandeau et cette plaque. Les mamans prennent soin de leur bébé, elles les allaitent, et resserrent chaque fois ce bandeau autour de la tête de leur enfant. Au fur et à mesure que les enfants grandissent, on change la plaque et on en met une plus grande. Ainsi, les mamans serrent de plus en plus cette plaque derrière la tête. Pendant tout le déroulement du film, le spectateur se demande ce que sont cette plaque et ce bandeau. Mais à un moment donné, le film fait voir une maman enlevant le bandeau et montre ce qu’est la plaque. C’est ure plaque métallique sur laquelle est découpée en saillie la forme d’une semelle de soulier. Ainsi, cette empreinte se marque sur la tête des enfants et des adultes. Le spectateur continue à s’interroger : pourquoi ? Et seulement à la fin du film, les dernières images montrent tous les citoyens rassemblés en file devant le palais royal, face à un trône gigantesque sur lequel est assis un tyran dont le visage n’apparaît pas. En, passant devant le trône, chaque citoyen enlève le bandage, retire la plaque derrière la tête, se met à genoux la face contre terre. Le dictateur met alors son pied dans l’empreinte marquée par la plaque. Le tyran retire ensuite son pied, le citoyen se relève, replace la plaque, renoue son bandeau, s’en va et laisse la place au suivant. Sur ces images s’achève le film.

Il y a maintenant vingt ans que j’ai vu ce petit dessin animé ; aujourd’hui, je m’en souviens encore. Voilà exactement ce que veut faire Nebucadnetsar : le roi de Babylone veut marquer les jeunes gens de son empreinte. la Bible nous apprend que c’est aussi la volonté de l’antichrist de laisser une marque, un chiffre sur tous les habitants de la terre (666). Apocalypse 13.16 dit : « Et tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçurent une marque sur leur main droite ou sur leur front et personne ne pouvait acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. »

Nous sommes en chemin vers cette monstruosité. Nebucadnetsar n’est rien par comparaison avec la bête de l’Apocalypse. Mais aujourd’hui déjà, l’esprit de l’antichrist agit, marque notre mentalité, nous impose les pensées du monde, nous force à appeler bien ce qui est mal. Publicité, cinéma, télévision, musique, littérature, presse, etc. ne sont pas neutres, mais marqués par l’esprit du monde qui veut façonner nos pensées et nous amener à agir comme des robots humains, soumis.

Derrière tous ces éléments cités, existe une philosophie, la philosophie du monde !

Il faut être orgueilleux.
Il faut écraser les autres.
Il faut profiter de tout sans réfléchir ni essayer de savoir si cela est bien ou mal.
Il faut prendre ce que l’on peut prendre.
Il faut donner le moins possible ou encore être égoïste.

Et tout cela sur le thème majeur : “on peut être heureux sans Dieu !”

Tel est l’esprit du monde qui, à force de publicité, de répétitions, veut nous marquer de son empreinte. Les jeunes chrétiens, à l’école, se sentent comme des anormaux au milieu de cet esprit mondain, hostile à leur foi parce qu’ils sont différents. Sans nous en rendre compte, nous sommes tous soumis à cette pression et influencés par cet esprit mondain, anti-Dieu. Mais où est l’antidote, le contrepoison ?

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Romains 12:1-2). Dans notre manière de penser, ne nous conformons pas au siècle présent, ne laissons pas l’esprit du monde tordre notre pensée. Ephésiens 4.23 nous exhorte à « être renouvelés dans l’esprit de notre intelligence » (de notre pensée). Philippiens 2.6 nous rappelle : « Ayez en vous les sentiments [la pensée] qui étaient en Jésus-Christ. » A l’opposé de l’esprit du monde, c’est le seul contrepoison. Ainsi travaille le Saint-Esprit parmi les enfants de Dieu, par le moyen de l’Ecriture, afin de corriger notre pensée. Par ce travail de l’Esprit, et de la Parole, nous pouvons résister victorieusement à la pression du monde qui nous entoure. « L’amour du monde est inimitié contre Dieu. » (Jacques 4.4). Que l’Esprit nous transforme, nous façonne, et nous aide à discerner l’esprit du monde qui nous entoure et qui nous présente d’une façon si séduisante les pires monstruosités ! Ne sommes-nous pas en train de nous laisser marquer et imprégner par la pensée du monde, écraser sous la botte de l’adversaire ? Seul l’Esprit de Dieu peut nous corriger et remplacer l’orgueil par l’humilité, la haine par l’amour, l’égoïsme par la générosité. Que nos pensées soient ainsi transformées !

La pression de Babylone sur Daniel était énorme. Aujourd’hui, la pression du monde reste encore sur nous. Le livre de Daniel nous montre que, si forte que soit la pression du monde, Dieu est assez puissant pour nous tenir debout, et fidèles à la Parole ainsi qu’à Jésus-Christ. Dieu a mis en nous son Esprit-Saint pour nous aider à tenir debout, sans broncher, au cœur de “Babylone”, de notre ville.

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