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Le plan de Dieu pour Israël (2/2)

Le plan de Dieu pour Israël (2/2)

VOLET 4
Epître aux Romains 9.30-33 ; 11.11-15, 28-36
Israël bute contre la Croix

Nous abordons la quatrième et dernière partie de notre série consacrée au plan de Dieu pour Israël. Notre attention doit être focalisée non pas sur le peuple élu, objet de l’élection divine, mais sur Dieu lui-même qui a choisi souverainement. Israël a été élu, non pas sur base de qualités exceptionnelles que Dieu aurait trouvées chez ce peuple, mais grâce au choix souverain de Dieu. Le but de cette élection est de communiquer sa grâce, son pardon, son amour, sa sagesse, par Israël, au monde entier. Israël devait être instrument et serviteur de Dieu. Malgré l’infidélité et la désobéissance d’Israël, Dieu réalise son plan.

Dieu communique sa Parole (la Bible) au monde, et c’est dans !e peuple juif que Dieu s’incarne en la personne de Jésus de Nazareth. La responsabilité de la mort de Christ n’incombe pas seulement à Israël, mais à toutes les nations, à tous les hommes. Il y a en quelque sorte deux Israël. Il y a un Israël selon la chair, constitué par le peuple, la nation juive, dont on est membre par la naissance. Mais l’Écriture nous enseigne qu’il y a un autre Israël, selon l’Esprit. “L’Israël de Dieu” est composé de tous ceux, issus de tous les peuples, qui ont été rachetés par Jésus-Christ, qui croient en Jésus le Messie ; ils constituent l’Eglise, le Corps de Christ. Les enfants de Dieu, nés de nouveau, font partie de l’Israël de Dieu, non par la naissance, mais par la nouvelle naissance. On entre dans cet Israël spirituel par la foi en Jésus-Christ. L’apôtre Paul dit aux chrétiens nés de nouveau : « Si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham. » (Galates 3.29). « Dieu n’a pas rejeté son peuple qu’il a connu d’avance. » Il y a encore pour la nation d’Israël, pour le peuple juif, un destin. La prière de l’Eglise pour la nation d’Israël doit être la même que celle faite par l’apôtre Paul : « Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour Israël, c’est qu’ils soient sauvés. » (Romains 10.1).

Notre prière pour le peuple juif est qu’ils reconnaissent Jésus de Nazareth comme le Messie, Dieu fait homme, le Sauveur du monde. Notre vœu est qu’ils puissent se repentir et se convertir pour recevoir de Dieu par la foi en Jésus-Christ le pardon de leurs péchés. L’apôtre Paul dit : « En Jésus-Christ il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car vous êtes tous en Jésus-Christ. » (Galates 3.28). En Jésus-Christ (après notre conversion), Dieu nous voit tous égaux. Nous avons tous péché et la cause véritable de la mort du Christ, c’est notre péché.

Nous formons un même corps. Cela est vrai dans le cadre de notre relation avec Dieu. Par contre, en ce qui concerne nos relations humaines, les distinctions demeurent. Ainsi chacun garde sa nationalité, reste un homme ou une femme. Les distinctions sont abolies dans notre rapport avec Dieu, quand il nous voit au travers de Jésus-Christ. Mais ces différences de race, de classe sociale, de sexe, demeurent dans notre fraternité les uns avec les autres. Cela nous permet aussi de souligner qu’il n’y a pas de conditions spéciales, ou de priorités en Jésus-Christ pour un Juif qui se convertit. Il n’y a pas de privilèges spéciaux pour un Juif né de nouveau. Nous sommes tous un en Christ. L’apôtre Paul dira : « Jésus-Christ a renversé le mur de séparation. » entre le Juif et le non-Juif qui se convertissent (Ephésiens 2.14).

Il n’y a pas une voie de salut privilégiée pour le peuple d’Israël. Le chemin qui mène à Dieu est le même pour tous les hommes. Il y a un seul chemin : Jésus-Christ, le Messie, qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14.6). L’apôtre Paul quand il prêche à Athènes, à l’aréopage devant les philosophes, dit : « Dieu annonce maintenant à tous les hommes (Juifs et non-Juifs) qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts. » (Actes 17.30). Il y a un seul chemin pour tous les hommes, quelle que soit leur nationalité. Paul, converti à Jésus-Christ, écrit : « Quoi donc ! Sommes-nous plus excellents ? (C’est-à-dire : sommes-nous supérieurs ? Constituons-nous une race meilleure, supérieure, grâce à l’élection divine ?). Nullement. Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et non-Juifs, sont sous l’empire du péché, selon qu’il est écrit : il n’y a point de juste, pas même un seul ; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu ; tous sont égarés, tous sont pervertis. » (Romains 3.9). Paul, inspiré par l’Esprit, affirme que tous sont pécheurs. Par conséquent, nous avons tous besoin du salut, que nous soyons Juifs ou pas. Paul dit : « Il n’y a aucune différence entre le Juif et le non­Juif. » (Romains 10.12). Il n’y a qu’un Seigneur, il n’y a qu’un Sauveur, il n’y a qu’un baptême, il n’y a qu’une Eglise, il n’y a qu’un Messie, il n’y a qu’un médiateur. « Ils ont tous un même Seigneur. Car quiconque (Juif ou non-Juif) invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Romains 10.13). Mais quel était le reproche fait par le Seigneur, par l’apôtre Paul, au peuple d’Israël ? Cette désapprobation est précise : « Que conclure ? Des païens, qui ne se souciaient pas de plaire à Dieu, ont été agréés par lui sans le chercher, ils ont trouvé comment être justes devant lui : en lui faisant confiance. Israël par contre, qui a fait de grands efforts pour obtenir l’agrément divin en accomplissant les prescriptions de la Loi, a manqué son but. Pourquoi ? Parce qu’au lieu de faire confiance à Dieu, les Israélites ont tenu à présenter des œuvres méritoires, ils ont voulu être sauvés grâce à leurs efforts. Ils ont buté contre la pierre dont parle l’Ecriture : « Voici, je place en Sion une pierre sur laquelle on tombera, un rocher auquel on se heurtera ; mais celui qui placera sa confiance en lui ne sera pas déçu. » (Romains 9.30-53 – version Alfred Kuen).

Israël a suivi le chemin de Caïn. Ce dernier offrait à Dieu en sacrifice, en culte, le fruit de son travail, le fruit de ses efforts. Abel son frère va, lui par contre, égorger un agneau. Il verse le sang, il donne la vie pour le pardon de ses péchés. Si nous avions été les compagnons de ces deux frères, nous aurions sans doute été scandalisés par le sacrifice d’Abel, et aurions certainement taxé ce berger de sauvage sanguinaire. Peut-être aurions-nous fait l’éloge du courageux Caïn qui lui, apporte quand même le fruit de son labeur. Mais Dieu, quel regard porte-t-il, lui ? L’Ecriture nous dit : « L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande. » (Genèse 4.4). Caïn et Israël ont ainsi choisi le chemin de l’orgueil et de l’autojustification. Ils ont suivi la voie du “Je peux me racheter par mes propres efforts. Je peux payer à Dieu la dette de mon péché. Je serai juste devant Dieu par moi-même, en respectant tous les commandements de Dieu.” Tel est le raisonnement orgueilleux de Caïn, telle est la démarche erronée d’Israël. Ils ont cherché la justice qui provient de l’obéissance à la Loi. Abel a choisi la voie du sang du sacrifice qui préfigurait déjà (dès le début de la Bible) pour Israël le sacrifice suprême de l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Dieu a porté un regard favorable sur l’offrande d’Abel qui avait choisi le chemin du sang, le chemin de la croix de Golgotha. Nos offenses ne pourront jamais être pardonnées malgré tous nos efforts.

Israël a voulu payer le prix du pardon, a choisi la justification qui provient des œuvres. Ils ont refusé la grâce de Dieu, le cadeau divin, la croix de Jésus-Christ, le sang de Golgotha. Le judaïsme dit non à la foi, non à Jésus-Christ, non à la croix, non au sacrifice de Jésus pour nos péchés. Ils ont choisi la justification qui vient de l’orgueil, au lieu de choisir celle qui nous conduit vers l’humilité, pour nous agenouiller devant le Christ.

Ce n’est pas seulement Israël qui a refusé le chemin de la grâce. Le frère d’Israël, Ismaël le premier fils d’Abraham, celui qui a donné naissance à la grande nation arabe, a aussi choisi la voie de l’orgueil. Tout le monde musulman se réclame aussi d’Abraham. Par Ismaël, Abraham est également leur père (Genèse 16.15). Le premier fils d’Abraham est Ismaël, le second, Isaac, qui donnera naissance à Jacob-Israël. Les deux frères ont tous deux toujours cherché la justification qui vient de la Loi. Le coran, l’Islam, le judaïsme enseignent que la justification vient des propres efforts de l’homme et de ses œuvres. Si nous voulons nous-mêmes payer notre dette à Dieu, nous tenterons en vain de la payer pendant l’éternité en enfer, sans jamais pouvoir l’acquitter ! Nous ne pourrons jamais être justifiés par Dieu en essayant de remplir les exigences divines. Israël et Ismaël butent contre la pierre, contre la croix, contre le Christ.

Outre les Juifs et les musulmans, c’est aussi vrai pour tous ceux qui, de par le monde, comptent sur leurs bonnes œuvres pour aller au ciel, en prouvant à Dieu qu’ils sont justes et braves, et qu’ils méritent le pardon divin. Tel était le problème de Luther qui, pendant les quatorze années qu’il fut moine et enseignait la Bible, était très préoccupé par l’idée du salut, il s’astreignait à de sévères mortifications, ajoutait efforts sur efforts, jeûnes, aumônes, nuits de prières, confessions, pèlerinages, etc. Ce chemin le conduisait en fait à la mort, parce qu’il dépérissait littéralement. Il cherchait à plaire à Dieu par ses bonnes œuvres. Il voulait se racheter lui-même et se sauver par ses bonnes œuvres. Il était sur le chemin de la perdition. En étudiant la merveilleuse Epître de Paul aux Romains, il découvre la grâce de Dieu et cette vérité : le juste vivra par la foi. On ne peut plaire à Dieu qu’en mettant toute sa confiance en Jésus-Christ. Lui seul a accompli toute la Loi pour moi. Notons que le chrétien ne peut vivre comme il veut. Loin de là ! Le chrétien est mort au péché. Comment vivrait-il encore dans le péché ? Nous sommes sauvés par la grâce, par la foi. Cela ne vient pas de nous. C’est un don de Dieu. Tous ceux qui se trouvent assez justes pour se passer du sang de Jésus-Christ, s’égarent. Notre fond est mauvais et nous avons tous besoin d’être graciés. Ceux qui rejettent le sang de Jésus-Christ, veulent ignorer que personne devant Dieu ne sera juste par ses bonnes actions.

Les Juifs non convertis butent contre la pierre (Jésus-Christ), contre le rocher du scandale, contre la croix de Golgotha. Ils ne cherchent pas en effet la justification qui vient de la grâce, mais celle qui vient de l’obéissance à la Loi.

Une question d’ordre prophétique se pose : y a-t-il un avenir pour la nation d’Israël ? Dieu n’a pas rejeté la nation d’Israël qui demeure dans son plan, malgré l’infidélité et la désobéissance du peuple élu. Ne jetons pas la pierre à cette nation. Nous-mêmes, enfants de Dieu, restons dans le plan de Dieu, malgré nos nombreux manquements et toutes nos imperfections. En ce qui concerne la nation d’Israël, la Parole annonce des jours de feu. Le prophète parle d’un temps d’angoisse pour Jacob (Jérémie 30.7). Ce sera un temps d’épreuve comme ils n’en ont jamais connu, et comme ils ne connaîtront plus jamais ensuite. Tout cela arrivera à la fin des temps, quand les nations se dresseront contre Israël, quand tous les peuples se rassembleront pour encercler Jérusalem. Il y a quelques dizaines d’années, ces paroles semblaient absurdes, puisque sur cette terre promise, il n’y avait rien. C’était le désert ! Israël était encore à cette époque dispersé partout dans le monde. Six millions de Juifs venaient d’être exterminés dans les fours crématoires. A la fin de la seconde guerre mondiale, cette prophétie semblait de la folie, de l’utopie. Comment auraient-ils pu renaître de leurs cendres ? Mais aujourd’hui pourtant, ils sont rentrés. Cela se passe sous nos yeux ! C’est de l’actualité ! Tout ce que Dieu promet se réalise et s’accomplit, même si à un moment donné, cela paraît étonnant, incroyable.

Quand toutes les nations, sous la conduite de l’antéchrist, viendront encercler le pays d’Israël pour l’anéantir, alors « ils tourneront les regards vers celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. » (Zacharie 12.10). Mais le prophète ajoute : « L’Eternel combattra pour eux ces nations. » (Jérémie 14.3). Alors, tout Israël sera sauvé. Leur réintégration sera comme une vie d’entre les morts. Notre prière pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. Notre vœu est qu’ils reconnaissent le Messie, celui qui a été transpercé pour nos péchés. Telle est notre prière pour eux, ainsi que pour le peuple arabe, les descendants d’Abraham selon Ismaël. C’est aussi notre prière pour tout homme, qui ne connaît pas encore le bon Berger.

Ne cherchons pas la justification par nos propres mérites. Nous ne saurions acquitter notre dette envers Dieu. Il y a un seul chemin pour venir à Dieu, que nous soyons Juif ou non-Juif : par la foi en Jésus-Christ. Ainsi nous recevrons comme un cadeau le pardon de Dieu, par grâce. Si vous avez encore des écailles sur les yeux, vous ne voyez sans doute pas encore le Christ, ni l’amour de Dieu à la croix de Golgotha. Il y a alors un choix à faire, une décision à prendre, une invitation du Seigneur à honorer. Ce serait terrible d’entendre Jésus-Christ frapper à la porte de votre cœur et de ne pas répondre.

Dieu est fidèle. Continuons, nous les enfants de Dieu, à être fidèles et à garder confiance dans la grâce du Seigneur, qui nous sauve. Oui ! Toute la gloire revient à Dieu seul. « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! » (Romains 11.33). « C’est de lui, par lui et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains 11.36)

Prédication en 4 volets donnée le 9-2-1997, 16-2-1997, 23-2-1997 et 9-3-1997 par Philippe Hubinon, et résumée par Jean-Pierre Baudouin – Bulletin “Résurrection” de juin 1997 à octobre 1997

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