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Le plan de Dieu pour Israël (1/2)

Le plan de Dieu pour Israël (1/2)

Prédication en quatre volets
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VOLET 1
Epître aux Romains 9.1-5 ; 10.1-4 ; 11.1-6
Israël, mon amour

1998 fêtait le 50e anniversaire de la naissance de l’État d’Israël, dont l’existence a en effet été proclamée le 14 mai 1948.

Que signifie “peuple élu” ?

Cette expression est souvent utilisée quand nous parlons du peuple d’Israël. Que signifie donc cette “élection” du peuple de Dieu ? Une définition courante dans les milieux évangéliques consiste à dire : Israël a été élu parce que ce peuple est meilleur que les autres. Cette idée est familière et bien répandue dans les milieux évangéliques protestants. Ceux-ci affirment que le peuple élu est particulièrement courageux, intelligent, plus obéissant, plus spirituel et davantage fidèle que d’autres nations. Ce serait donc pour toutes ces raisons que Dieu l’a choisi.

Ces arguments sont totalement faux. Pas un seul verset de la Bible ne tient ce langage. Au contraire, les prophètes envoyés de Dieu ont critiqué, dénoncé, la mauvaise conduite du peuple élu qui n’est pas meilleur que les autres peuples. Certains prophètes iront même jusqu’à dire que ce peuple choisi est pire que les autres. A cause de leurs affirmations, bien des prophètes ont été persécutés, lapidés et mis à mort en dénonçant la mauvaise conduite du peuple d’Israël. Le grand prophète Esaïe dénonce ainsi dès le début de son livre les péchés du peuple élu et le compare à Sodome et Gomorrhe. D’emblée le prophète inspiré par Dieu, rempli du Saint-Esprit, pose sur Israël un diagnostic bien sombre. Il qualifie Israël de peuple révolté, ignorant l’Eternel, entièrement malade (Esaïe 1.2-6). Esaïe rappelle ainsi au peuple qu’il a désobéi, qu’il s’est mal conduit.

L’élection d’Israël n’est pas une question de mérite. Le peuple élu n’a jamais, en aucun temps, mérité son élection. Les prophètes Esaïe, Jérémie, Ezéchiel ont souvent dénoncé l’attitude ingrate et méchante du peuple élu. En Ezéchiel 16, le prophète parle de l’amour de Dieu pour Israël. Il compare cet amour à l’amour d’un mari pour sa femme. Le mari lui fait les plus beaux cadeaux, il la comble des meilleurs produits. Et puis un jour, elle le quitte, elle part. Le prophète parle ainsi d’Israël qui abandonne son Dieu.

Dans sa défense devant le sanhédrin, Etienne, avant d’être lapidé, retrace toute l’histoire d’Israël en faisant le procès du peuple élu (Actes 7). Le réquisitoire est implacable. La conclusion est sans appel : « Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit. » (Actes 7.51). Ainsi donc de nombreux textes de l’Ecriture montrent que le choix de Dieu pour ce peuple ne réside certainement pas dans un quelconque mérite d’Israël.

Cette remarque peut être transposée à l’Eglise. La Bible dit aussi que ceux et celles qui sont rachetés par Jésus-Christ ont été choisis, élus. Pourquoi cette élection ? Certainement pas parce que le chrétien est plus fidèle, plus juste, plus obéissant ou plus spirituel que les autres ! C’est dans son amour que Dieu nous a aimés et pardonnés. A quoi devons-nous donc l’élection divine ? A sa grâce, à sa bonté mais pas à nos mérites. Nous sommes sauvés par la grâce de Dieu. C’est un don de Dieu. Ce n’est pas à cause de nos bonnes œuvres, afin que personne ne se glorifie.

A quoi Israël doit-il son élection ? A la grâce de Dieu. Il la doit à la bonté souveraine de l’Eternel, à l’amour de Dieu, au choix souverain que Dieu a fait de ce peuple. Ce n’est donc certainement pas à cause des qualités d’Israël. Moïse dit à Israël : « L’Eternel ton Dieu, t’a choisi pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Eternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l’Eternel vous aime, parce qu’il a voulu tenir le serment qu’il avait fait à vos pères, l’Eternel vous a fait sortir par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Egypte. Sache donc que c’est l’Eternel, ton Dieu, qui est Dieu. Ce Dieu fidèle garde son alliance et sa miséricorde. » (Deutéronome 7.6-9). Déjà sous la plume de Moïse, nous découvrons que Dieu a choisi Israël par amour. L’Eternel ne cherche pas en son peuple élu une raison à cette élection. Il n’y en a pas. La seule raison est en Dieu dans sa grâce, dans sa bonté, dans son amour, et nulle part ailleurs. Le peuple élu n’a donc aucun mérite d’avoir été choisi. Dieu agit ainsi pour que personne n’en tire gloire, que ce soit pour Israël ou pour l’Eglise. Toute la gloire revient à Dieu, à lui seul, car il est le Souverain.

En fait si l’on veut aller un peu plus loin, Israël n’existait pas encore quand Dieu l’a choisi. Dieu l’a créé en le choisissant. Israël n’existait pas encore quand Dieu l’appelle. Dieu a créé Israël à partir d’Abraham. L’Eternel avait dit à Abraham : « De toi sortira une grande nation. Je multiplierai ta postérité comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer. » (Genèse 12.2 et 22.17a). Le prophète Esaïe a rappelé cette promesse avec force au peuple d’Israël. Dieu a créé Israël, et non l’inverse. « Ainsi parle maintenant l’Eternel qui t’a créé, celui qui t’a formé, ô Israël ! » (Esaïe 43.1). Esaïe poursuit : « Israël, vous que j’ai créés, que j’ai formés et que j’ai faits. » (Esaïe 43.7). « Je suis l’Eternel, votre Saint, le Créateur d’Israël, votre roi. » (Esaïe 43.15). « Ainsi parle l’Eternel, qui t’a fait et qui t’a formé dès ta naissance. » (Esaïe 44.2). Avant même qu’Israël n’existe, Dieu l’avait choisi, en choisissant Abraham. Cela fait partie du plan de Dieu. C’est l’Eternel qui mettra en place le peuple, qui l’appellera à l’existence.

Pourquoi aussi cette insistance de la part du Seigneur ? Pourquoi tous ces rappels au peuple élu ? Parce que, de son élection, Israël en avait tiré une gloire personnelle. Israël se disait : “Nous sommes les favoris de Dieu parmi toutes les nations. Parmi tous les peuples, c’est nous que Dieu a choisis.” De cette élection, Israël en a fait par orgueil un sujet de gloire et de vanité. Israël n’a pas compris la souveraineté de l’amour de Dieu. Israël s’était imaginé que Dieu serait pour lui plus indulgent, moins sévère que pour les autres nations. Israël se voyait plus sage, plus intelligent, plus spirituel et meilleur que les autres peuples. La gloire qui devait revenir à Dieu, Israël se l’appropriait. Il la tirait sur lui au lieu de la rendre au Dieu qui l’avait créé et qui l’avait choisi. En envoyant les prophètes, Dieu frappe en quelque sorte du poing sur la table. Il rappelle à Israël que c’est lui Dieu, le Créateur, le Premier et le Dernier. Dieu dira en quelque sorte à son peuple : “J’étais là avant vous, et c’est à moi que revient la gloire, et pas à vous ; vous êtes là pour ma gloire, et non l’inverse !” Israël n’a pas compris que l’élection divine, avant d’être un privilège, est une responsabilité.

Quelle était la responsabilité pour Israël ? Quelle tâche importante lui avait été confiée ? Quel ministère devait-il remplir ? Qu’est-ce que Dieu attendait de son peuple ? Quelle était la raison de son élection ? La réponse à toutes ces questions est simple : servir Dieu ! Israël devait être un peuple dont la tâche est de servir Dieu et en particulier porter le message de Dieu aux autres nations. Israël devait être un peuple modèle, lumière au milieu des nations. Israël avait comme ministère de respecter Dieu et d’obéir à ses commandements. C’est ce que le Seigneur avait dit par la plume du prophète Esaïe : « Souviens-toi de ces choses, ô Israël, car tu es serviteur ; je t’ai formé, tu es mon serviteur. » (Esaïe 44.21). L’Eternel dit : « Toi, Israël, mon serviteur que j’ai choisi, race d’Abraham que j’ai aimé, tu es mon serviteur, et je suis ton Dieu. » (Esaïe 41.9). Mais au lieu de remplir sa tâche, de prendre ses responsabilités, d’être obéissant et conséquent dans son élection, Israël se détourne de Dieu. Il ne respecte pas les commandements divins, et ne veut pas aimer son Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force. Il ne pratique guère les commandements de Dieu, se tourne vers les idoles comme les autres nations. Il offre aussi ses enfants à Moloch en les faisant passer par le feu. Israël ne cesse de transgresser la loi de Dieu. Il se crée et s’invente des faux dieux. Il fait alliance avec les autres peuples.

Tous les prophètes feront le procès de cette conduite. Ils dénonceront les abominations du peuple élu et lui rappelleront que ce n’est pas pour commettre de tels péchés que Dieu a mis Israël en place. Les prophètes rappelleront à Israël sa vocation, ce pourquoi Dieu l’a appelé. Mais Israël préfère se boucher les oreilles, faire taire les prophètes, les tuer pour ne pas entendre les reproches. Dans le cinquième chapitre d’Esaïe, la Bible compare Israël à une vigne plantée et soignée par Dieu. Mais le prophète dit : « [Dieu] espérait qu’elle produirait de bons raisins, mais elle en a produit de mauvais. » (Esaïe 5.2). Les prophètes dénoncent ces fruits infects : l’injustice, la haine, la cupidité, l’idolâtrie, les compromis, l’immoralité, l’orgueil, la rébellion, le mensonge, les yeux hautains, etc.

Et l’on entend dire alors : “Ah ! Voilà donc pourquoi Dieu les a rejetés.” Qui a dit qu’Israël était rejeté ? Qui a dit qu’Israël était repoussé à cause de sa mauvaise conduite et parce qu’il n’avait pas accompli sa mission ? La Parole de Dieu ne dit jamais cela ! L’apôtre Paul écrit : « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! » (Romains 11.29). Dieu reste le même et ne change pas d’avis. Israël est un peuple au milieu des autres peuples. Israël est différent des autres nations, non pas à cause de ses qualités, mais à cause du choix souverain de Dieu. Déjà le prophète Esaïe avait lui-même dit de la part du Seigneur : « Quand les montagnes s’éloigneraient, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera point de toi, Israël, et mon alliance de paix ne chancellera point. » (Esaïe 54.10). Au sujet d’Israël, Dieu ne change pas d’avis. En Esaïe 41.9, l’Eternel dit à Israël : « Je te choisis, et ne te rejette point ! » Tous ceux qui affirment le contraire, en disant que Dieu a rejeté le peuple élu, mentent et trahissent le texte sacré. Malgré la désobéissance du peuple, en dépit de la déception de Dieu, l’Eternel garde son amour pour Israël. L’Eternel dit à son peuple : « Je t’aime d’un amour éternel. » (Jérémie 31.3). “Malgré le mal que tu m as fais, je t’aime encore !” L’Eternel aimera toujours Israël, parce qu’il est Dieu et qu’il ne change pas. Israël portera le fruit de sa désobéissance, il connaîtra les épreuves, de terribles souffrances et bien des persécutions, mais il gardera pour toujours l’amour de Dieu. Dieu est fidèle. Il tient ses promesses. Il ne renie pas ses alliances.

Cet enseignement appliqué à l’Eglise est repris dans le Nouveau Testament. Dieu est fidèle à ses promesses. Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croira celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5.24). Dieu est fidèle à chacune de ses promesses.

Nous avons pris notre décision pour Jésus-Christ il y a peut-être bien des années. Nous n’avons pas toujours été comme nous aurions dû être. Mais Dieu nous a-t-il oubliés ? Va-t-il cesser de nous aimer ? Loin de là ! Nos désobéissances ont porté des fruits amers dans notre vie. Nous connaissons tous la tristesse qui survient quand nous désobéissons. Nous avons souffert de la misère et des peines qui s’attachent à notre désobéissance. Mais l’amour de Dieu reste le même. Les alliances qu’il a faites avec nous sont gardées et maintenues pour l’éternité. Dieu ne change pas. La confiance que nous avons mise en Dieu, et l’amour que nous avons manifesté en réponse à sa grâce et à sa bonté, ne sont pas vains parce que l’amour de Dieu envers nous ne changera jamais.

Sommes-nous venus dans son amour ? Avons-nous reçu Jésus-Christ ? Avons-nous accepté sa grâce ? Avons-nous fait confiance à ses promesses ? Sommes-nous un jour venus à Jésus-Christ ? Avons-nous déjà répondu à l’amour immuable de Dieu ?

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