EPE Charleroi - 190 rue des Cayats - 6001 Marcinelle - +32 71 32 84 92

“La Passion” qui déchaîne les passions

“La Passion” qui déchaîne les passions

FILM DE MEL GIBSON

VOLET 1
1 Corinthiens 1 : 20 à 25

Ces derniers mois [2004], les médias ont commenté la sortie du film de Mel Gibson “La Passion du Christ”. L’Évangile du Christ a ainsi été porté au sommet de l’actualité. C’est l’occasion de porter notre attention sur la passion du Christ et de comparer ce qui a été projeté sur les écrans avec les récits bibliques. Considérons courtement trois remarques quelque peu négatives.

D’abord la lenteur du déroulement. Il semble que chaque fois que l’on réalise un film sur Jésus, on tourne au ralenti. Le déroulement des actions est pesant, les paroles et les images sont lentes alors que les Évangiles nous montrent un Christ agissant, dynamique, rempli d’énergie, qui va, vient, enseigne, guérit, accomplit des miracles.

Ensuite une seconde remarque peut être émise au sujet de la résurrection juste suggérée à la fin du film. On y voit le tombeau et les linges mortuaires “se vidant” de la personne de Jésus-Christ. Ceci est proche des textes. Jésus n’a pas ôté ces linges pour sortir du tombeau, mais il est passé au travers d’eux parce que son corps de ressuscité n’était plus retenu par la matière. La tradition juive rapporte que les morts étaient enveloppés dans une série de bandelettes. C’est dommage que la résurrection soit rapidement évoquée dans un flou artistique à la fin du film, alors que tous les Évangiles lui donnent beaucoup de place. Les textes bibliques précisent bien que le Ressuscité se montre, parle, mange, enseigne, se fait toucher,accompagne ses disciples pendant 40 jours.

La résurrection de Christ donne à sa mort tout son sens et toute sa puissance. L’apôtre Paul dit : « Si Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine. » (1 Corinthiens 15:17). Le film s’intitule, il est vrai, « La Passion du Christ ». Il en faudrait un second centré sur sa résurrection.

Une troisième remarque plus radicale concerne l’omniprésence de la mère de Jésus. Le film aurait pu s’intituler “La Passion du Christ et de Marie.” Celui qui est éduqué à la lumière de la Parole de Dieu a presque la nausée en voyant ainsi Marie associée à la passion et aux souffrances de Jésus. On est ainsi en pleine hérésie. C’est du pur catholicisme. Marie est constamment présente dans toutes les scènes.

L’Église romaine a déformé le merveilleux message de l’Évangile en y ajoutant Marie là où elle ne devrait pas être. Marie ne doit pas être associée à la rédemption du monde comme le font les textes de Vatican II ou du “nouveau catéchisme”. Marie n’est ni corédemptrice ni comédiatrice avec Jésus. La Bible dit que seul le Christ se place en rédempteur et en médiateur entre Dieu et les hommes. Ajouter quelqu’un d’autre dans cette médiation aux côtés de Jésus-Christ relève du blasphème.

Après ces réserves négatives sur le film, il y a la joie puisque l’Évangile du Christ est à nouveau au cœur de l’actualité. Des millions de personnes auront vu ce film. L’Évangile attire donc encore des foules. Beaucoup d’hommes et de femmes croient en Jésus-Christ et au sacrifice de Golgotha. Par ce film, les paroles et la vie du Christ sont au sommet de l’actualité dans de nombreux pays.
L’impact mondial de cet événement cinématographique confirme, une fois encore, les paroles de notre Seigneur

Jésus a dit : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Matthieu 24:35). Les paroles prononcées par le Christ, voici quelque 2000 ans, restent vraies aujourd’hui. L’impact mondial de cet événement cinématographique confirme, une fois encore, les paroles de notre Seigneur : “à la fin des temps, l’Évangile sera prêché dans le monde entier.” On peut d’autre part remarquer le réalisme du film qui exprime la violence de la passion. Les images sont probablement proches de la réalité historique. La flagellation, les coups, les crachats, le portement épuisant de la croix, la couronne d’épines, les moqueries du roi Hérode, l’humiliation, l’horreur de la crucifixion sont conformes aux Évangiles.

Il faut bien reconnaître que jusqu’à présent, le cinéma nous avait toujours montré “une gentille passion”. Le Christ restait bien coiffé et même sur la croix apparaissent seulement un peu de sueur et quelques gouttes de sang. Le film reflète la réalité et l’horreur de la passion de Christ. Avant ce dernier film les images habituelles nous montraient une passion élégante où la dignité du Fils de Dieu était respectée. Mais les textes du Nouveau Testament attestent que cette dignité du Christ n’a pas été respectée. Lors de la passion, personne ne s’est retenu. La méchanceté du cœur humain s’est exprimée sans réserve. Le film est très probablement proche de la réalité historique dans toute son horreur. Et ce n’est pas sans raison que le Nouveau Testament insiste de nombreuses fois et avec tant de force sur le sang de Jésus-Christ. La Bible nous rappelle que la passion de Christ “baigne” véritablement dans le sang et la violence.

Le film a choqué les humanistes bien pensants qui se révoltent à l’idée que tout ce sang est le prix du pardon. Ceux qui ne veulent pas reconnaître la gravité du péché reprochent l’abondance de ce sang au réalisateur.

Il est étonnant de rencontrer aussi cette réaction dans certains milieux catholiques et protestants. Des “croyants” refusent de reconnaître que l’Évangile “ruisselle” du sang du Christ. Mais ils se retrouvent ainsi dans la ligne théologique de Caïn. Ce dernier a voulu gagner le pardon de Dieu sans répandre le sang. Son frère Abel a offert un agneau en l’égorgeant pour verser ainsi le sang de la bête. « Et l’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. » (Genèse 4:5). Dieu a approuvé le sacrifice sanglant offert par Abel. Caïn a offert les fruits de la terre. Il a voulu payer le prix de son péché avec le produit de son travail et de ses efforts. La démarche de Caïn, c’est un évangile sans la croix. Caïn est en fait le précurseur de la religion des propres justes.
Le sang de l’agneau d’Abel préfigure le sang de l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.

Si nous avions été présents lors du culte de ces deux frères, nous aurions certainement considéré Caïn comme un homme élégant, civilisé et Abel comme un sauvage sanguinaire. Mais Dieu a un regard tout différent et seul son avis compte. Abel inaugurait en quelque sorte la voie du sang qui allait aboutir à Jésus-Christ. Le sang de l’agneau d’Abel préfigure le sang de l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Mais le sang de notre Seigneur ne crie pas vengeance. Au contraire, il sauve, donne la vie et purifie. C’est le sang du pardon.

Le film dérange beaucoup de personnes parce qu’il montre sans concession l’horreur du péché et son prix. Cela, l’homme naturel ne peut et ne veut le recevoir. Il faut une action du Saint-Esprit pour nous convaincre que nous sommes pécheurs aux yeux de Dieu et que nous avons besoin de son pardon. Le sacrifice du Christ et sa passion sont bien le prix de nos péchés.

Notons au passage l’hypocrisie des critiques qui dénoncent l’extrême violence des images du film alors que dans beaucoup d’autres, la violence la plus sauvage et la barbarie nous inondent d’images insoutenables sans que la censure la plus sévère ne dise un mot ! Au contraire, ces films chargés de violence et de haine sont primés dans les festivals les plus renommés. Dans le film consacré à la passion du Christ, lorsqu’il s’agit des souffrances du Seigneur et de la haine des hommes contre Jésus, la censure lève le bouclier. Belle hypocrisie !

Ici la violence subie par le Christ dérange parce qu’elle nous accuse tous, croyants et incroyants. Non seulement elle montre l’horreur du péché, mais elle met aussi en pleine lumière la méchanceté du cœur humain. C’est en quelque sorte une illustration audiovisuelle de la parole du prophète Jérémie : « Le cœur de l’homme est tortueux par-dessus tout, et il est méchant. » (Jérémie 17:9). On comprend que le film dérange. Il met en évidence la méchanceté du cœur humain. Camus, Hemingway, Sartre et bien d’autres n’ont pas osé dire la vérité sur la nature du cœur humain. L’Évangile dit la vérité et dérange les propres justes. Le vrai problème est le cœur de l’homme. Notre cœur a besoin d’être transformé. Telle est la Bonne Nouvelle de l’Évangile. L’Éternel a dit : « Je changerai vos coeurs de pierre en un cœur de chair. » (Ezéchiel 11:19). Dieu change les coeurs. L’Évangile change les vies pour tous ceux qui acceptent la grâce de Dieu.

Le film dérange aussi et surtout parce qu’il ose dire que Jésus de Nazareth est le Messie, le Fils de Dieu. C’est Dieu manifesté en chair. Le réalisateur a ainsi exprimé sa propre foi. Pour beaucoup, voilà l’inacceptable ! Selon l’Évangile, ce Jésus, fils du charpentier, est bien le Fils de Dieu, Dieu le Fils manifesté en chair. C’est ce qui fait le scandale de l’Évangile et de la croix. Ce supplice infligé par les hommes à Dieu lui-même, c’est le comble du scandale. Les hommes ont alors eu Dieu entre leurs mains. Dieu s’est en fait donné entre leurs mains et on a vu le traitement qui lui a été infligé. Tel est le scandale de la croix.

Le film fait prendre conscience à beaucoup de personnes que la passion du Christ n’était pas du cinéma. La passion du Christ c’est la honte du genre humain. C’est la pire des horreurs parce qu’elle est faite à Dieu lui-même. Il fallait bien toutes ces souffrances du Christ et tout son amour pour effacer nos péchés. On relit alors sous un éclairage nouveau ces paroles de Christ sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Luc 23:34). Ils ne réalisent pas qu’ils crucifient le Fils de Dieu, Dieu fait homme.

Le film passera. Mais l’amour de Dieu ne passera jamais. Soyons dans la joie et prenons conscience du prix que Christ a payé pour nos péchés. Venons à la croix pour que la passion du Christ ne soit pas vaine !

Fermer le menu