EPEL Charleroi - 190 rue des Cayats - 6001 Marcinelle - +32 71 32 84 92

Jésus nous pose des questions (2/2)

Jésus nous pose des questions (2/2)

VOLET 4
Matthieu 6.24-34

Ces versets contiennent cinq interrogations posées par le Seigneur Jésus, relatives au même sujet que nous allons examiner sous différents angles : les soucis, les problèmes, les inquiétudes, ou encore pour utiliser un mot à la mode : le stress. Jésus aborde la question dans ce passage biblique ; ou encore, vu sous un autre angle, le Seigneur touche la question du matérialisme. Nous pourrions dire encore que Jésus traite la question très pratique de “la foi au quotidien”.

Le mot “stress” ne recouvre pas un phénomène nouveau. L’expression est nouvelle mais son contenu est vieux comme le monde. Il est synonyme d’inquiétudes, de soucis. Au temps du Christ n’existaient pas toutes les couvertures sociales dont nous pouvons bénéficier aujourd’hui. Les allocations de pension, la sécurité sociale, les allocations familiales, les fonds d’entraide pour les catastrophes naturelles et calamités, n’étaient pas encore créés à cette époque. Les aides aux agriculteurs, les CPAS non plus. Ainsi, on comprend l’inquiétude et les soucis des hommes et des femmes de ce temps-là. Ce n’est donc pas sans raison que Jésus soulève cette question du stress. Voici vingt siècles, les tracas étaient déjà bien réels !

En quelque sorte, le Christ nous donne une autre échelle des valeurs. Nous vivons tous en classant les choses : “très importantes”, “importantes”, “secondaires”, “accessoires”.

C’est vrai pour les chrétiens comme pour les non-croyants. Nous avons tous une échelle des valeurs, mais Jésus, dans ce passage biblique, nous en donne une autre : « Recherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu. » C’est un ordre de priorité. Jésus bouleverse ainsi l’ordre des valeurs en vigueur dans le monde. Il nous invite à réfléchir sur la distinction à faire entre l’essentiel et le superficiel.

Dans la vie, il est difficile de faire cette distinction entre ce qui est premier et ce qui est second, entre ce qui est capital et ce qui est accessoire.

Jésus-Christ nous invite à distingue les objets de la vie, de la vie elle-même. En quelque sorte, un chrétien doit vivre à l’envers des autres. Grosso modo, un chrétien fait les mêmes actions que les autres : conduire sa voiture, faire les courses au marché, se rendre au travail, aller en vacances, éduquer ses enfants, faire un peu de sport, regarder la télévision, écouter de la musique, etc. Mais à la différence des autres, le chrétien sait que tout cela n’est pas l’essentiel puisqu’il existe d’autres valeurs premières plus importantes. Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, le chrétien ne rejette pas tout, mais son échelle des valeurs n’est pas ordonnée comme celle des incroyants. L’apôtre Paul écrivait au jeune Timothée : « Dieu nous a donné toutes choses pour que nous en jouissions. » Le chrétien n’est pas quelqu’un qui rejette tout, mais quelqu’un qui remet chaque chose à sa place.

Pour le croyant, l’ordre des valeurs doit être premièrement le royaume de Dieu et ensuite, le reste. Par contre, comme dit Jésus-Christ, le païen dans le monde vit à l’envers de ce que le Seigneur enseigne. Christ nous invite à vivre “à l’envers” des autres, à donner la première place à ce qui vient en dernier chez les non-croyants.

Qu’est-ce que le matérialisme ? Serait-ce avoir auto, frigo, vidéo, sono, barbecue, téléphone, ordinateur ? Non ! Le matérialisme c’est en quelque sorte avoir toutes ces choses et dire : “Il n’y a que cela qui compte, et seuls ces bibelots ont de la valeur, seuls ils vont me satisfaire, et me rendre heureux.” Le chrétien lui, ne vit pas selon cette échelle-là, mais il sait qu’il existe autre chose de plus grand, de plus important, qui vient en premier : les choses qui concernent notre relation avec Dieu.

Jésus nous crie et nous demande d’arrêter de penser comme nous le faisons encore trop souvent, nous chrétiens influencés par l’ambiance et l’esprit du monde. C’est pourquoi il faut sans cesse que l’Ecriture corrige notre manière de voir. Bien des gens autour de nous pensent : “Je suis quelqu’un parce que je possède tels ou tels objets.” Ainsi se développe la course à la possession. Beaucoup s’imaginent à tort : “Je serai heureux quand je possèderai ces biens.” Mais en réalité, il existe une autre dimension, celle de l’esprit et de l’âme, celle du rapport avec Dieu, celle du royaume de Dieu. Cette dimension doit venir en premier, et puis seulement le reste. Voilà ce que Jésus veut faire de notre vie.

Nous avons sans cesse besoin de remettre de l’ordre dans notre échelle de valeurs, de garder à la première place les choses qui doivent y être ! Jésus-Christ nous a aussi enseigné dans ce passage que la vie vaut plus que tout le reste. Il nous pose cette question : “La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?”

En réfléchissant on se dit : “Mais qu’est-ce que le vêtement ? Ce sont des fils de différentes couleurs tissés entre eux.” Mais savez-vous qu’un seul de nos cheveux vaut plus que tout cela ? Parce que le cheveu, c’est de la vie, alors que le tissu ne contient pas la vie ! Même si nous étions couverts d’or, soyons certain que notre vie elle-même vaut plus que toutes ces valeurs matérielles. Ta vie vaut beaucoup plus que tout ce que tu ne pourras jamais porter ou posséder. La vie vaut plus que le vêtement et que la nourriture.

Dans ce passage, Jésus dit encore : « Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme les lis du champs. » Couvert d’or et de richesses, Salomon n’est pas comparable au lis des champs parce que le lis vit, alors que la vie n’existe pas dans toutes ces parures recouvrant Salomon.

Ce qui compte, l’essentiel, c’est la vie ! Et malheureusement aujourd’hui, nous inversons sans cesse cet ordre établi par le Seigneur. Nous donnons plus d’importance au vêtement qu’à la vie. Nous accordons plus d’intérêt à ce que l’homme fait et transforme qu’à ce que Dieu a créé. C’est en fait une manière de voler ce qui appartient à Dieu. La vie vaut plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement… Il nous arrive parfois de nous souvenir de cette vérité quand nous échappons à un grave accident de la route. Dans ce cas, on commence à réaliser que les tôles écrasées de la voiture accidentée ne sont rien à côté des dégâts corporels possibles et heureusement évités. Hélas, on oubliera rapidement, par la suite, que ce qui compte, c’est la vie ! Et bien vite, nous redonnons une importance exagérée aux “bibelots” et aux “choses” qui pourtant n’ont pas la vie.

On pense parfois qu’en acquérant certains biens, notre bonheur va augmenter. Pourtant on réalise souvent que, une fois ces biens acquis, cela ne va pas mieux et notre déception reste grande parce que ces objets ont pris la place de la vie. « La vie vaut plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement. », nous dit le Seigneur, et nous faisons si souvent l’inverse en accordant tant d’importance à des choses qui n’en ont pas. Nous avons changé notre échelle des valeurs, et Jésus nous invite à y remettre de l’ordre.

Petites remarques pratiques : n’attendons pas l’héritage d’un parent, d’un ami ou d’un membre de la famille. Sa vie compte plus que tout ce que nous pourrions hériter.

D’autre part, n’attendons pas non plus d’être sur notre lit de mort pour comprendre que la vie vaut plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ! Tous nos vêtements sont dans la garde-robe mais la vie, un jour, nous sera reprise, et c’est elle qui compte.

Enfin prenons soin de ceux qui sont en vie à côté de nous ; sachons que ce qui compte, c’est leur vie ! Elle vaut plus que tous les objets et bibelots du monde.

Prédication (en quatre volets) apportée début 1990 par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin – Bulletin “Résurrection” d’octobre 1990 à janvier 1991.

Fermer le menu