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Foi ou religion ?

Volet 2 : 2 Corinthiens 13 : 5 – Hébreux 11 : 1 à 3, 6

Le livre des Actes des Apôtres nous raconte, au chapitre 9, le récit de la conversion de l’apôtre Paul, son passage de la religion à la foi. L’apôtre Paul est un fervent religieux jusqu’au jour où il rencontre le Seigneur Jésus-Christ. A partir de ce moment, il devient un homme de foi.

Nous traitons les différences qui séparent la religion et la foi. Nous en avons déjà précédemment relevé trois :

la religion est faite de pratiques extérieures. La foi, au contraire, est l’œuvre du Saint-Esprit à l’intérieur de l’homme.
la religion ne change personne. La foi transforme l’être humain.
la religion conduit à l’hypocrisie. La foi conduit à la vérité.

Nous allons examiner d’autres différences entre la religion et la foi, dans le but de nous aider à nous situer afin de savoir si nous sommes simplement religieux, ou si nous avons réellement la foi. L’apôtre Paul invite les chrétiens de l’Eglise de Corinthe à faire le point : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? A moins peut-être que vous ne soyez réprouvés. » (2 Corinthiens 13.5). Et vous ? Etes-vous religieux ou avez-vous la foi ?

Le célèbre prédicateur John Wesley fut, au 18e siècle, l’instrument du réveil en Angleterre. Doué, intelligent, né dans une grande famille protestante, il suit les cours à l’université renommée d’Oxford, avant de se consacrer à la théologie. Pasteur à 22 ans, il prêche dans les églises. C’est vraiment un homme religieux, mais il n’a pas encore la foi. A 32 ans, il prend le navire pour aller évangéliser les nouvelles tribus découvertes en Amérique. Il veut ainsi gagner des âmes à Jésus-Christ. Sur le champ missionnaire, ça ne va pas. Il décide alors de revenir, et pendant le retour, sur le bateau, il fait la connaissance de gens qui eux ont la foi. Wesley est tout étonné. Bien qu’il soit pasteur, théologien, religieux, il ne connaît pas cette foi. Il est étranger à cette foi vécue par ces gens qui chantent, qui parlent du Christ, qui croient au Seigneur Jésus, qui aiment le Seigneur. Cette rencontre est une première étape sur le chemin de la conversion du pasteur Wesley. C’est un jalon qui le conduit de la religion à la foi. Wesley est troublé. A ce moment, il n’a pas le Christ, il n’a pas la Vie. Il est déçu. Un soir, il rentre dans une église écouter la prédication d’un pasteur… “Dans la soirée, je me rendis à contrecœur à une petite réunion. Là j’entendis lire l’introduction de Luther à l’épître aux Romains. En entendant la description du changement que Dieu opère dans le cœur par la foi en Christ, je sentis que mon cœur se réchauffait étrangement. Je sentis que je me confiais en Christ seul pour mon salut, et je reçus l’assurance qu’il avait ôté mes péchés, qu’il me sauvait de la loi du péché et de la mort. Je me mis alors à prier de toutes mes forces pour ceux qui m’avaient le plus outragé et persécuté. Puis je rendis témoignage ouvertement devant les personnes présentes de ce que j’éprouvais en mon cœur pour la première fois.” Que se passait-il donc ? John Wesley quittait le terrain de la religion pour entrer sur celui de la foi. A partir de ce jour, il allait devenir un des plus grands prédicateurs de l’Histoire de l’Eglise. Il était passé de la religion à la foi.

Poursuivons et examinons une quatrième différence entre la religion et la foi. La religion conduit un jour ou l’autre au fanatisme, mais la foi elle, produit la tolérance. C’est l’expérience de l’apôtre Paul. Il est passé du fanatisme à la tolérance. Paul le dit lui-même dans son témoignage (Actes 26.9-11). Le dictionnaire définit le mot “fanatique” comme suit : “qui est animé d’un zèle aveugle et intransigeant, pour une doctrine ou pour une opinion.” Le fanatisme religieux envahit notre monde. Il occupe la première place dans l’actualité. L’intégrisme met en péril des gouvernements. Il met en danger la stabilité de plusieurs pays. Le fanatisme des Sikhs en Inde a conduit au meurtre de Madame Indira Gandhi [31 octobre 1984]. Le fanatisme catholique et protestant a troublé cruellement l’Irlande depuis bien des années. Ce conflit ne relève pas de la foi. Il concerne des fanatiques religieux. Le fanatique s’enferme dans son système, et le défend sans réfléchir, sans raisonner, sans écouter. La religion va conduire le fanatique à l’ignorance et à l’obscurantisme.

A l’inverse, la foi produit la tolérance, l’acceptation de l’autre avec ses différences. Cela ne signifie en aucun cas que “tout le monde a raison, et personne n’a tort”, mais la tolérance conduit à respecter l’avis de notre prochain. Le fanatique est celui qui n’accepte pas l’avis différent et qui impose par la force ses propres idées. Le monde juge souvent mal à propos les chrétiens. Il qualifie les supporters très engagés d’un club de football de “sportifs” ou de “gens enthousiastes”. Mais il taxe le chrétien de fanatique s’il donne simplement un traité, appose un petit autocollant sur sa voiture ou témoigne de sa foi !

La religion rend aveugle. La foi ouvre les yeux. C’était l’expérience de l’apôtre Paul. Avant sa conversion c’était l’aveuglement. Ce n’est pas un hasard si Paul resta aveugle trois jours lors de sa conversion sur le chemin de Damas (Actes 9.9). Il y a dans ces événements non seulement une réalité physique mais aussi un contenu symbolique : “Voilà Saul, ce que tu connais jusqu’à ce jour. Tu as été aveuglé par ta religion.” Saul avait jusque là agi par ignorance (1 Timothée 1.13). Il dira : « J’agissais par ignorance, dans l’incrédulité. » Saul était fanatique, aveugle sur lui-même et sur les autres. Il ne percevait rien du Christ, de la Vie. Le jour où il rencontre Jésus, ses yeux s’ouvrent, il voit son état de pécheur, il comprend son besoin d’un Sauveur et l’amour de Dieu. Il comprend alors seulement le Christ et la croix. Il devient un homme nouveau. « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes. » (2 Corinthiens 13.5). Etes-vous dans la foi ou dans la religion ?

Cinquième différence entre la religion et la foi : la religion va produire ces bourreaux. La foi elle, engendre des martyrs. Encore une fois, l’apôtre Paul est l’exemple de cette différence. Avant sa conversion, quand il était dans la religion, il était le bourreau des chrétiens : « Quand on mettait à mort les chrétiens, je joignais mon suffrage à celui des autres. » (Actes 26.10). Paul était donc, avant sa conversion, prêt à tuer ceux qui ne pensaient pas comme lui. Il le dit lui-même : « Je jetais les chrétiens en prison, je les châtiais, et je les forçais à blasphémer. Dans mes excès de fureur contre eux je les persécutais même jusque dans les villes étrangères. » A sa conversion, c’est le bouleversement. De bourreau, Paul devient victime et martyr de sa foi. Il rencontre le Christ vivant. Au lieu de faire souffrir les autres, il va désormais accepter de souffrir pour les autres. Après avoir fait fuir les autres, il va à son tour devoir fuir devant bien des dangers. Dans la religion, il était lion. Dans la foi, il devient mouton. Il dira : « Nous supportons avec beaucoup de patience les tribulations, les calamités, les détresses, les cous les prisons, les travaux, les veilles et les jeûnes. » (2 Corinthiens 6.4). En 2 Corinthiens 11.26, il parle des dangers qu’il va rencontrer à cause de sa foi : danger de mort, les coups, les naufrages, les lapidations, les périls sur les fleuves, dans les déserts, sur la mer, les attaques de la part des brigands, sans parler de la faim, de la soif, des jeûnes multipliés, du froid, de la nudité. Quand il prêche l’Évangile à Thessalonique, il doit fuir, poursuivi par une bande de fanatiques qui ont promis de ne plus manger ni boire jusqu’à ce que l’apôtre Paul soit tué. Paul est informé par son neveu qui le presse de fuir devant le fanatisme aveugle de gens qui pratiquent son ancienne religion. Paul n’est plus bourreau. Il est martyr. Dans son testament, peu avant de mourir, à Rome, dans l’attente d’être jugé devant César à cause de sa foi, il écrit dans sa dernière lettre : « Pour moi je sers déjà de libation. » (2 Timothée 4.6) c’est-à- dire : “Je suis déjà sur le point d’être offert en sacrifice.” Paul n’est plus bourreau. Il est maintenant victime, martyr parce qu’il a la foi.

Le Seigneur a mis en garde ses disciples contre l’utilisation de la force : « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. » (Matthieu 20.25). En d’autres mots, cela signifie que parmi les gens qui ont la foi, il ne doit y avoir ni bourreau, ni inquisiteur, ni tortionnaire, ni tueur. La foi ne torture pas. Elle ne tue personne. L’homme de foi supporte, souffre et meurt. Jamais il ne prend en main le glaive pour oppresser, imposer ou convaincre. La religion conduit à la haine de celui qui est différent. Elle débouche sur le crime, l’inquisition, le meurtre, la persécution. En effet, la religion oublie la personne au profit du système.

C’est pourquoi nous ne prêchons pas une religion. Nous prêchons la personne de Jésus-Christ. Jamais la force ne sert l’Evangile du Christ. La Bible dit : « Ce n’est ni par le puissance ni par la force, mais c’est par mon Esprit, dit l’Eternel. » (Zacharie 4.6).

Sixième différence entre la religion et la foi : la religion conduit à l’insatisfaction. En effet un système, quel qu’il soit, ne peut satisfaire le cœur. Nous n’avons pas été faits pour une religion mais pour un Dieu. La foi produit l’épanouissement, par le Christ.

Septième différence : la religion produit, tôt ou tard, l’orgueil. La foi produit l’humilité.

Huitième différence : la religion produira des esclaves (“il faut… ; il faut…”). La foi produit des hommes libres (“je veux, je choisis de faire le bien, d’être fidèle, honnête…”).

Neuvième différence entre la religion et la foi : la religion se transmet de père en fils, de génération en génération. Ce n’est pas le cas de la foi, qui reste un choix individuel, un acte personnel. On reçoit personnellement Jésus-Christ. C’est un choix à faire par chacun, et nos parents ne peuvent le faire à notre place. Chacun est responsable pour lui-même.

Où êtes-vous aujourd’hui ? Dans la foi ou dans la religion ? Entre les deux, il existe une grande différence ! L’Esprit Saint fera cette différence dans notre cœur.

Prédication en deux volets apportée par Philippe HUBINON et résumée par Jean-Pierre BAUDOUIN – Bulletin “Résurrection” de février et mars 1996.

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