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Fête de la Réforme – Un gigantesque réveil

Fête de la Réforme – Un gigantesque réveil

Marc 7 : 1-13 – Hébreux 11 : 32-40 – Hébreux 13 : 7

A la fin du mois d’octobre, ce sont les congés de Toussaint. Aussi, il est bon de rappeler que :

Les Chrétiens évangéliques ne fêtent pas les saints. Jamais la Bible ne nous invite à vénérer, à prier, ni à adorer les saints, mais uniquement DIEU. Déjà dans l’Ancien Testament, la loi que Dieu a donnée à Moïse, était très claire : « Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. », « Tu ne te prosterneras devant une image ou une statue, et tu ne leur rendras pas un culte. » L’honneur, la gloire et la louange sont pour Dieu seul.

Nous ne fêtons pas les morts. La Bible fait très clairement la séparation entre le monde des morts et celui des vivants. Jésus a dit (Matthieu 8.22) : « Laissez les morts ensevelir leurs morts. », ou encore (Deutéronome 18.11) « Qu’on ne trouve chez toi personne qui invoque les morts, car ceux qui commettent ces choses sont en abomination à l’Éternel. » On ne prie pas les morts, on ne parle pas aux morts, le chrétien prie le Dieu vivant et vrai, Lui seul. Il est certain que les chrétiens respectent leurs défunts, nos parents, nos amis, nos frères et sœurs et nous honorons leur mémoire, mais cela s’arrête là !

Nous ne fêtons pas non plus Halloween ! Cette fête païenne se répand dans nos pays et dans toute l’Europe avec ses déguisements horribles de sorcières, de démons, de têtes de morts, de visages hideux… Cette infection a gagné nos écoles. Les enfants déguisés vont aux portes avec leur institutrice, pour récolter des bonbons et les autorités laissent faire. Par contre, il est maintenant interdit de parler des fêtes chrétiennes de Noël et de Pâques. Béni soit Dieu pour les écoles protestantes qui ne cèdent pas à cette mode et qui résistent en gardant le cap sur l’Évangile.

A côté de ce folklore dangereux, nous fêtons aussi la Réforme, qui est la naissance du protestantisme. Cette fête est malheureusement oubliée dans beaucoup d’Eglises.

Le 31 octobre 1517, en Allemagne à Wittenberg, le moine Martin Luther, docteur en théologie, aura le courage d’afficher sur la porte de l’église de cette même ville, 95 thèses contre la papauté et le commerce des indulgences. Il veut remettre à l’honneur la croix de Jésus-Christ et la Parole de Dieu, la foi qui sauve et l’autorité de la Bible.

Nous ne saurions pas comprendre aujourd’hui, le courage qu’il a fallu à ce jeune moine pour attaquer de front le chef suprême de l’Église catholique et toute l’institution.

Je rappelle aussi un événement historique en 1077 à Canossa en Italie ; l’empereur allemand Henri IV (du Saint-Empire), va s’humilier publiquement devant le pape Grégoire VII. Il avait été excommunié pour avoir voulu agir à sa guise dans son pays (Querelle des investitures). Pour rencontrer le pape, il quitte l’Allemagne, traverse l’Europe, franchit les Alpes en plein hiver. Il arrive à Canossa où le pape s’était arrêté. Il reste trois jours et trois nuits dans le froid avec pour vêtement une robe de pénitent en lin,… Lui, un empereur ! Il est alors reçu par le pape pour lever son excommunication ! On comprend là toute la puissance de la papauté et de l’Eglise catholique. Et c’est un petit moine, Luther, qui ose se dresser contre une telle puissance, en dénonçant les fausses doctrines, les abus, le commerce des indulgences.

D’autres prêtres et moines catholiques de France et de Belgique furent brûlés ou pendus, car ils avaient aussi compris le système corrompu de l’Église catholique. Au 19e siècle, Bossuet, prédicateur catholique dira ceci : “La prodigieuse révolte du luthéranisme (protestantisme), a été la punition visible du relâchement du clergé.”

Luther était chargé de cours en théologie à l’université de Wittenberg. Il avait déjà remarqué que les dogmes et les pratiques n’étaient pas en accord avec les Écritures. Voici la goutte d’eau qui va faire déborder le vase. Le pape Léon X, veut faire construire la basilique Saint Pierre à Rome. Il faut beaucoup d’argent. Il envoie dans tous les pays d’Europe, des moines pour récolter de l’argent en vendant des indulgences (document officiel, promettant à prix d’argent le pardon des péchés et délivrait les âmes du purgatoire). C’est à ce moment-là que la Réforme sera déclenchée.

Il est édifiant de relire quelques thèses affichées par Luther le 31 octobre 1517.

Ils prêchent des inventions humaines, ceux qui prétendent qu’aussitôt que l’argent résonne dans leur caisse, l’âme s’envole du purgatoire.
Il est chimérique de se confier aux indulgences pour le salut.
Ce qui est certain, c’est qu’aussitôt que l’argent résonne, l’avarice et la rapacité grandissent.
Pourquoi le pape n’édifie-il pas la basilique de Saint-Pierre de ses propres deniers, plutôt qu’avec l’argent des pauvres fidèles, puisque ses richesses sont aujourd’hui plus grandes que celles de l’homme le plus opulent ?

Mais la Réforme, c’est aussi :

L’œuvre du Saint-Esprit : le retour à la Parole de Dieu, oubliée, étouffée, interdite de lecture mais remise de nouveau à l’honneur. Notre pays a aussi été témoin du feu de cette persécution. La Parole sera enseignée dans les églises, les écoles ; imprimée, traduite, reconnue infaillible et inspirée par le Saint-Esprit. Son autorité est proclamée pour abolir les dogmes non bibliques. Pourtant, même après la Réforme, l’Église catholique continuera d’ajouter des dogmes. La Réforme, c’est la fête de la Parole de Dieu.

Luther, caché dans le château de Wartburgh traduit la Bible en allemand. Elle sera traduite ensuite dans d’autres langues pour que l’on puisse y avoir accès.

C’est aussi le recentrage sur la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. La foi du croyant avait été détournée sur le clergé, le pape, Marie, les saints, la tradition, les dogmes. La personne de Christ revient enfin à l’honneur. Le souffle de l’amour de Dieu, le pardon, la communion personnelle avec le Sauveur est ramené dans les cœurs sans autre intermédiaire.

La Réforme c’est aussi la redécouverte du pardon gratuit. Il ne se paie ni ne s’achète avec de l’argent. Il est offert gratuitement, Dieu ne se fait pas payer. Il offre Son pardon, Il le donne.

La Réforme est le réveil produit par l’Esprit-Saint. Il a amené des milliers de conversions en Europe. Enfin, les gens vont comprendre qu’il faut se convertir pour que Dieu nous accueille. Et beaucoup vont fuir la violence de notre pays et partir en Suisse, en Hollande et de là aux USA. Les historiens reconnaissent que la ville de New-York fut fondée par les protestants wallons.

En Belgique, les comtes d’Egmond et de Hornes furent décapités sur la Grand Place de Bruxelles. Ils ont payé de leur vie leur fidélité à Jésus-Christ.

Quelle conclusion tirer de tout ceci :

Que le peuple chrétien n’oublie pas son histoire.
Que l’Église que combattaient Luther, Calvin et les autres… n’a pas changé.
Le combat n’est pas terminé ; la Réforme doit continuer sans violence, sans compromis, sans haine et avec courage.

Si Luther, Calvin et tous les martyrs de la foi revenaient aujourd’hui, je me demande : seraient-ils d’accord avec ce que je viens de dire ou avec les discours mielleux des œcuméniques de tous bords ?

Prédication apportée le 27-10-2013 par Philippe HUBINON — Résumé par Odette GALANTE et Marie-Rose GERARD — Parue au bulletin « Résurrection » de septembre-octobre 2014

Martin Luther, moine augustinien (gravure de Cranach, 1520), 1er septembre 2014, JPG 1.3 Mo, 861 x 1239 pixels

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