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Donnez-moi des preuves ! (2)

Donnez-moi des preuves ! (2)

VOLET 4
Esaïe 44.6-8 – Marc 13.23

Dans les exposés précédents, nous avons noté la valeur relative des preuves. Elles ne sont pas déterminantes. En effet, au-delà des preuves que Dieu nous donne, demeure le choix du cœur qui tiendra compte de ces évidences ou les méprisera. Dieu a semé dans l’univers les preuves de son existence. Ainsi la signature divine se retrouve partout. Elle est reconnue par tous ceux qui, honnêtement, étudient la nature. C’est le sceau, la marque du créateur. D’autre part Dieu a aussi parsemé l’Ecriture de preuves que ce texte est bien inspiré de lui, qu’il en est bien l’Auteur.

Cette fois, nous abordons, dans ce quatrième et dernier exposé, la preuve que Dieu nous donne par les prophéties. Il est utile de rappeler que la foi ne peut être comparée à un saut dans le vide, comme certains pourraient l’imaginer. Dans l’Ecriture, la foi n’est jamais comparée sous un tel aspect d’incertitude. Au contraire, la foi est présentée comme une construction érigée sur une base solide. Celui qui a la foi ne construit pas dans le vide mais bien sur le roc. Jésus a dit : « Quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. » (Matthieu 7.24). C’est cela la foi. C’est construire sur ce que Jésus a dit, sur ce que les apôtres, les Prophètes ont affirmé. En parlant de son ministère, l’apôtre Paul, ce grand missionnaire évangéliste, dira : « J’ai posé le fondement comme un sage architecte … » (1 Corinthiens 3.10). Paul parle ici des fondements de la foi. Dans sa lettre aux Ephésiens il écrit : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. » (Ephésiens 2.20). La foi prend appui sur la certitude des paroles de Jésus-Christ, des apôtres et des prophètes. Dans sa lettre à Timothée, il écrit : « Le solide fondement de Dieu reste debout. » (2 Timothée 2.19). En d’autres termes on pourrait dire que la foi, c’est accepter les preuves données par Dieu dans l’univers et dans sa Parole. C’est faire confiance aux preuves. Et donc l’incrédulité peut se définir comme le refus des preuves révélées par Dieu. Ainsi la Bible peut dire : « Ils sont donc inexcusables. » (Romains 1.20). Celui qui refuse les preuves n’a plus d’excuse.

Si Dieu a inscrit les preuves de son existence dans la nature et dans l’Ecriture, il a aussi inscrit d’autres preuves dans l’Histoire, dans le temps et l’espace. L’histoire des peuples est marquée du sceau divin : c’est vrai pour les peuples égyptien, assyrien, babylonien et les grandes civilisations de l’antiquité.

En particulier, la signature divine est éminemment présente dans toute l’histoire du peuple d’Israël, du peuple juif. Un jour, Napoléon demande à un membre du clergé de lui donner la preuve la plus brève en faveur de la religion révélée. En guise de réponse, le cardinal lui montre du doigt le général Masséna. Ce maréchal de France, en effet, est juif. Dieu fait la preuve par les prophéties et en particulier par Israël. Beaucoup de prophéties relatives au peuple juif, à la terre d’Israël et à la ville de Jérusalem sont inscrites dans le texte sacré. Par le moyen des prophéties, Dieu a voulu laisser au monde l’une des preuves qu’il est Dieu, qu’il existe et qu’il est le Maître de l’Histoire. Blaise Pascal, ce grand savant chrétien, disait avec beaucoup d’intelligence et de perspicacité : “La plus grande des preuves de Jésus-Christ, ce sont les prophéties. C’est à quoi Dieu a le plus pourvu, car l’événement qui les a remplies est un miracle subsistant depuis la naissance de l’Eglise jusqu’à la fin.” Pascal a bien saisi la puissance cachée dans ces prophéties pour convaincre un cœur en recherche, en faisant écho des paroles divines prononcées par le prophète Esaïe : « Ainsi parle l’Eternel, roi d’Israël et son rédempteur, l’Eternel des armées : Je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n’y a point de Dieu. Qui a, comme moi, fait des prédictions (qu’il le déclare et me le prouve !) depuis que j’ai fondé le peuple ancien ? Qu’ils annoncent l’avenir et ce qui doit arriver ! N’ayez pas peur et ne tremblez pas ; ne te l’ai-je pas dès longtemps annoncé et déclaré ? » (Esaïe 44.6-8). Dans le même livre le prophète dit : « Que toutes les nations se rassemblent, et que les peuples se réunissent. Qui d’entre eux a annoncé ces choses ? Lesquels nous ont fait entendre les premières prédictions ? Qu’ils produisent leurs témoins et établissent leur droit ; qu’on écoute et qu’on dise : C’est vrai ! Vous êtes mes témoins, dit l’Eternel, vous, et vos serviteurs que j’ai choisis, afin que vous le sachiez, que vous me croyiez et compreniez que c’est moi : avant moi il n’a point été formé de Dieu, et après moi il n’y en aura point. C’est moi qui suis l’Eternel, et hors moi il n’ya point de sauveur. C’est moi qui ai annoncé, sauvé, prédit, ce n’est point parmi vous un dieu étranger ; vous êtes mes témoins, dit l’Eternel, c’est moi qui suis Dieu. Je le suis dès le commencement, et nul ne délivre de ma main ; j’agirai ; qui s’y opposera ? » (Esaïe 43.9-13).

Par ces paroles, Dieu prend le monde à témoin et donne la preuve qu’il est Dieu par le fait qu’il annonce à l’avance ce qui doit arriver. Dieu ne se trompe pas. Il nous promet devoir les choses s’accomplir comme il l’a dit. C’est une étude passionnante que de prendre dans l’Ecriture tous les textes prophétiques et voir leur accomplissement à la lettre. Ce n’est pas de l’approximatif ou de l’à peu près. C’est juste, précis. L’Eternel dit : « Il n’y a pas d’autre Dieu que moi. » Bouddha n’a jamais fait de prophétie. Mahomet, Confucius, les yogis de l’Inde n’ont jamais été capables d’avancer une seule prophétie. Le dalaï-lama n’a jamais osé s’aventurer sur ce terrain, ni osé annoncer un seul événement.

Par la parole d’Esaïe 44, Dieu lance un défi au morde entier : « Qui fait, comme moi, des prédictions ? Qu’il le déclare et me le prouve. » La preuve que Dieu donne, demande aussi d’autres preuves. Dieu a fait en sorte que la Bible fourmille de prophéties, de preuves. Sur les 39 livres de l’Ancien Testament, 17 sont des livres prophétiques. Environ un tiers de la Bible contient des prophéties. Une page sur trois !

Les preuves sont non seulement écrites dans le texte mais aussi dans l’Histoire. Comment Moïse pouvait-il annoncer deux mille ans avant la venue de Jésus-Christ qu’Israël serait dispersé parmi toutes les nations ? Comment David pouvait-il annoncer, près de deux mille ans à l’avance, que le Messie aurait les pieds et les mains percés (Psaumes 22.17) alors que le supplice de la crucifixion n’existait pas encore ? A cette époque, en Israël on lapidait. On ne connaissait alors ni le peuple romain, ni le supplice de la croix. Comment David pouvait-il annoncer les paroles que Jésus-Christ allait prononcer sur la croix ? « Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Psaumes 22.3). Certains pourraient rétorquer que Jésus connaissait le texte et a récité sur la croix le Psaume 22 pour forcer l’accomplissement des prophéties. On n’a toutefois pas pu forcer les Romains à crucifier le Christ pour accomplir les prophéties. On n’a pas non plus pu forcer les soldats qui participaient au supplice à partager les vêtements du Christ et à tirer au sort sa tunique, comme les prophéties l’annonçaient (Psaumes 22.19). Personne ne dira que les soldats romains connaissaient le texte et ont voulu l’accomplir ! Cela ne tient pas debout. La seule explication plausible et qui puisse satisfaire la raison, c’est que ces prophéties ont été annoncées à l’avance et accomplies par ceux qui étaient concernés. Dieu a fait, en quelque sorte, inscrire les gestes de ces soldats romains longtemps à l’avance, pour que l’on sache et que l’on puisse dire : c’est vrai, la preuve est faite. Le Seigneur annonce à l’avance non seulement des événements mais aussi un plan. Et chaque fois que le Seigneur dit, cela s’accomplit parce que lui seul est Maître de l’Histoire. Comment Jésus pouvait-il annoncer la destruction de Jérusalem 40 ans avant que ces constructions ne soient rasées en plusieurs étapes ? Comment l’empereur Adrien a-t-il donné l’ordre de faire passer la herse sur l’emplacement du temple comme le prophète Michée l’avait annoncé, des centaines d’années avant la venue de Jésus-Christ ! Comment est-ce possible si le prophète n’a pas été inspiré par un Dieu qui est Maître de l’Histoire, qui connait chaque événement à l’avance et qui les met en place pour réaliser ce qu’il a dit. Dieu est Maître des temps, de l’espace et de l’Histoire pour accomplir ce qu’il a dit. Comment Esaïe pouvait-il annoncer, sept cents ans avant la venue de Jésus-Christ, la mort de Jésus, les détails de la mort du Seigneur, sa résurrection, le développement de l’Eglise ? Si l’on considère seulement le passage d’Esaïe 53, comment le prophète a-t-il pu annoncer de telles choses avec autant de détails ? Comment savait-il ? Certains diront que le texte a été écrit après les événements. C’est faux, parce que Dieu veille aussi à ce que les preuves soient trouvées !

En 1948, en Israël, de petits bergers musulmans qui cherchent leurs brebis perdues montent dans les collines de Qumrân, près de la Mer Morte. Ils découvrent des grottes et y trouvent les documents du livre d’Esaïe. Ces écrits anciens sont apportés aux savants qui, après quelques études et examens approfondis, arrivent à la conclusion qu’ils constituent le rouleau du prophète Esaïe, entier et complet, dont les colonnes s’étendent sur sept mètres ! Aujourd’hui, au centre du Musée du Livre à Jérusalem, on peut voir ce rouleau. Les savants datent le texte : 200 ans avant Jésus-Christ. Il a donc été écrit avant et non après les événements qui y sont décrits. Dieu sait à l’avance et il choisit les hommes auxquels il révèle. Par ce moyen, Dieu nous donne les preuves.

Comment le prophète pouvait-il savoir que le peuple serait dispersé parmi toutes les nations et qu’un jour Dieu les ramènerait dans leur pays ? Comment ? Sinon par un Dieu qui connaît toutes choses et qui révèle les événements à l’avance. La preuve est là devant nous, et personne ne peut dire que cela a été écrit après. Nous le voyons aujourd’hui. Sous nos yeux, Israël revient dans son pays : la prophétie devient Histoire, et l’Histoire devient preuve. C’est la preuve de la vérité que Dieu a dite. Comment Dieu a-t-il pu avancer ces choses par les prophètes Esaïe, Moïse, Michée, Ezéchiel, Zacharie, … La Bible dit : « Tout ce pays deviendra une ruine, un désert. » (Jérémie 25.11). Toutes les images d’archives rendent témoignage que ce pays d’Israël est devenu pendant près de deux mille ans un désert. Le prophète annonce aussi qu’à un moment donné, le Seigneur rappellera tout son peuple dans son pays et que le pays qui était comme un désert deviendra comme un jardin (Esaïe 51.3). Nous en avons la preuve sur nos écrans de télévision et dans nos journaux. Le mot qui vient à l’esprit est : “miracle”. Comment est-ce possible ? Une nation qui naît en un jour, après deux mille ans d’exil, après six millions de morts dans les fours crématoires. Comment est-ce possible ? Et des milliers d’années à l’avance, les prophètes ont dit, et cela s’accomplit. Il s’agit bien de miracle et de preuve ! Quand on dit cela aux gens, ils rétorquent : “Que faites-vous des Palestiniens ?” Ezéchiel disait : « La terre dévastée sera cultivée, tandis qu’elle était déserte aux yeux de tous les passants ; et l’on dira : cette terre dévastée est devenue comme un jardin d’Eden. » (Ezéchiel 36.34). Esaïe 41.18 et 51.3 : « Je changerai le désert en étang et la terre aride en courants d’eau. Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai dans les lieux stériles le cyprès, l’orme et le buis, tous ensemble ; afin qu’ils voient, qu’ils sachent, qu’ils observent et considèrent que la main de l’Eternel a fait ces choses, que le Saint d’Israël en est l’auteur. L’Eternel rendra son désert semblable à un jardin d’Eden, et sa terre aride à un jardin de l’Eternel. »

LES PREUVES SONT LÀ DEVANT NOS YEUX ! Savez-vous combien d’arbres Israël a plantés depuis son retour en 1948 ? Plus de 350 millions ! Comme Esaïe l’avait bien dit de la part de Dieu : « Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai dans les lieux stériles le cyprès, l’orme et le buis, tous ensemble. » (Esaïe 41.19). Quand Dieu fait les choses, il les fait très bien. Quand Dieu dit, il accomplit.

Dans un journal local de Charleroi, un journaliste écrivait en 1988 : “Des centaines d’immigrants juifs arrivés sur cette terre ancestrale apportaient des techniques nouvelles qui allaient transformer en quelques années les déserts en jardins.” Exactement les mêmes mots que ceux rédigés par le prophète Esaïe, 700 ans avant la venue de Jésus-Christ. Vraiment personne ne peut dire que cela a été écrit après. Le prophète disait encore : « Dans les temps à venir, Israël prendra racine, Israël poussera des fleurs et des rejetons, et il remplira le monde de ses fruits. » (Esaïe 27.6). Aujourd’hui tous les pays du monde importent les fruits d’Israël. Pendant nos courses au marché, nous touchons du doigt les preuves de Dieu.

Les preuves sont données par Dieu en abondance. Qui va croire ? Celui et celle que l’Esprit de Dieu va convaincre. En effet l’Esprit convainc, et non les preuves. La Bible dit : « N’endurcissez pas votre cœur. » (Hébreux 3.8). Le Saint-Esprit va aussi utiliser ces preuves pour fortifier la foi des enfants de Dieu, de tous ceux qui ont fait confiance au Seigneur et qui ont appuyé leur vie sur le Rocher. A l’aide de ces preuves et de ces démonstrations, Dieu nous montre que nous avons eu raison de construire sur le roc. C’est la joie de la confirmation. S’il existe d’une part la joie de la découverte, il y a d’autre part la joie de la confirmation du bon choix réalisé. La joie de la confirmation d’avoir eu raison de faire confiance au Seigneur nous est donnée par ces preuves. Ainsi nous pouvons encore faire confiance au Seigneur, aujourd’hui, demain, après-demain.

Il nous a en effet donné les preuves de son amour. Ne nous laissons donc pas dire quand on nous accuse, nous chrétiens, d’être des naïfs, de tout croire et tout avaler sans preuve. La Bible nous demande « d’être toujours prêts à nous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque nous demande raison de l’espérance qui est en nous. » (1 Pierre 3.15). Spurgeon disait : “Le dernier argument de Dieu, c’est la croix.” C’est la dernière preuve que Dieu veut nous donner. Si nous ne nous laissons pas convaincre par la croix, aucune autre preuve ne pourra être retenue. Dieu a choisi de sauver les hommes non pas à force d’arguments, de preuves ou de démonstrations, mais « par la folie de la prédication. » (1 Corinthiens 1.2).

Que Dieu bénisse donc la prédication de sa Parole, et qu’elle atteigne son objectif dans nos cœurs !

Prédication de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin – Bulletin “Résurrection” de décembre 1993 à mars 1994.

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