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Donnez-moi des preuves ! (1)

Donnez-moi des preuves ! (1)

Psaumes 19.1-7 – Actes 1.3

Prédication en quatre volets
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VOLET 1

L’apologétique est, en théologie, une science qui tend à démontrer la véracité des faits, à justifier la foi chrétienne, à donner des arguments en faveur de cette foi. A la fin de sa courte vie, Blaise Pascal, ce grand savant chrétien, voulait écrire une apologie de la foi chrétienne. La mort l’a empêché de réaliser ce travail. Pendant les dernières années de sa vie, il avait dans ce but rédigé des notes que l’on a pris soin de rassembler et d’éditer : les Pensées de Pascal.

D’autres, comme Paul CLAUDEL et Jean-Jacques ROUSSEAU, ont écrit dans ce même sens pour démontrer la véracité des faits relatifs à la foi chrétienne.

Nous allons chercher dans la Bible elle-même les preuves que Dieu lui-même nous a données. Dans l’Ecriture nous trouvons plusieurs fois les termes “amour” ou “prouver”. L’apôtre Paul, conduit par le Saint-Esprit, nous dit que la croix est la preuve de l’amour de Dieu : « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5.8).

Les Américains ont marché sur la lune. Après cet exploit ils ont planté dans le sol lunaire leur drapeau étoilé comme preuve de cette expédition historique.

Sur la planète Terre, Dieu a planté son drapeau sous la forme particulière d’une croix de bois, marquée de trois clous et tachée de sang. Ainsi la croix est la preuve que Dieu a marché un jour sur notre terre. Un jour, Dieu a déchiré les cieux. Il est venu ici-bas pour marcher parmi les hommes. Mais la croix n’est pas seulement preuve de la venue de Dieu parmi les hommes, mais aussi la preuve de l’amour de Dieu pour les hommes. Ce n’est pas un argument abstrait et froid mais au contraire une preuve d’amour qui parle au cœur de l’homme. Ainsi, personne ne peut nier qu’il y a 2000 ans, un personnage nommé Jésus est venu, a marché sur cette terre et est mort sur une croix. Par cet événement Dieu dit : “Voilà la preuve de mon amour.” Sur notre planète, dans l’histoire de l’humanité, il existe une preuve, une trace concrète et historique de l’amour de Dieu.

Les hommes souhaitent et demandent parfois à Dieu d’autres preuves, d’autres arguments. Certains s’imaginent : “Si le Seigneur me faisait gagner au Lotto, je croirais bien qu’iI m’aime, surtout que je le demande depuis longtemps.” D’autres pensent : “Ah ! Si le Seigneur me faisait rencontrer la jeune fille qui devienne mon épouse, ce serait alors la preuve de son amour.” Ou encore : “Ah ! Si Dieu me guérissait de telle ou telle maladie, ce serait vraiment la preuve qu’iI m’aime.” Ce ne sont pas les preuves que Dieu nous donne, même s’il peut parfaitement intervenir souverainement. Mais en dehors de tout cela, il a choisi de prouver son amour pour chacun d’entre nous, une fois pour toutes, par la croix de Jésus-Christ. Le mot “preuve” se retrouve à d’autres endroits de l’Ecriture.

Ainsi, dans Actes 1.3, il est écrit : « Après que Jésus eut souffert, il leur apparut vivant, et leur donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu. » Les disciples avaient besoin de preuves. Nous aussi en avons besoin. Dieu nous en donne, peut-être pas toujours celles que nous souhaiterions. C’est à nous de régler notre vision et non à Dieu de modifier ses preuves.

A ses disciples, à Thomas tout particulièrement, Jésus avait donné les preuves de sa résurrection : « Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois. » (Jean 20.27). Jésus dit cela en montrant ses mains et son côté percés. Mais pourquoi donc cette parole du Seigneur, si Thomas avait devant lui les preuves de la résurrection ? Parce que devant l’évidence même, l’homme ose encore parfois dire : “Non, je ne veux pas croire.” Par delà de la preuve, reste encore la décision du cœur. L’évidence des preuves les plus puissantes n’a aucun pouvoir sur un cœur incrédule et orgueilleux. L’accumulation des arguments forts ne peut convaincre quelqu’un. Elle peut même parfois produire l’effet contraire. Au lieu d’éveiller la foi, elle provoque la révolte et l’endurcissement.

Deux exemples illustrent ces affirmations :

— Dans l’Ancien Testament, nous lisons l’histoire de Moïse. Il se présente devant le Pharaon et lui dit : « Laisse aller mon peuple. » (Exode 7 à 10). Pharaon refuse. Moïse va apporter à Pharaon les preuves éclatantes que c’est Dieu lui-même qui appelle son peuple hors d’Egypte. Le résultat ? Pharaon endurcit son cœur et refuse de laisser aller les enfants d’Israël. Face aux miracles et devant les preuves évidentes, Pharaon s’enferme dans l’incrédulité.

— Dans le Nouveau Testament nous lisons les nombreux miracles accomplis par le Seigneur. Il guérissait les malades, rendait la vue aux aveugles, faisait marcher les boiteux, changeait l’eau en vin, marchait sur l’eau, ressuscitait Lazare. Le résultat ? Tout le monde était convaincu ? Non ! « Malgré tant de miracles qu’il avait faits en leur présence, ils ne croyaient pas en Lui. » (Jean 12.37).

Cela nous montre bien qu’au-delà des preuves reste la décision du cœur. L’accumulation d’arguments évidents n’engendre pas nécessairement la foi. Si les Evangiles avaient été écrits par un faussaire, il aurait écrit : “Devant tant de miracles, les foules se jetaient à genoux et croyaient.” Mais les auteurs sacrés ne sont pas des faussaires. Ils ont raconté ce qu’ils ont vu, la réalité. Le cœur humain est ainsi fait : devant la preuve évidente, indéniable, l’homme ose encore dire : “Non, je ne croirai pas !”

Savez-vous quand les pharisiens ont pris la décision au sanhédrin de mettre Jésus à mort ? Le jour de la résurrection de Lazare : « Dès ce jour, ils résolurent de faire mourir Jésus. » (Jean 11.53). Devant la preuve des preuves, le miracle des miracles, la résurrection de Lazare, le résultat est ce jour-là l’endurcissement des cœurs et la décision de faire mourir Jésus. Les pharisiens s’obstinent dans l’incrédulité et refusent toutes les preuves avancées.

Nous pourrions peut-être penser qu’un bon miracle produirait plus de conversions qu’une dizaine de croisades, et qu’un fait surnaturel devant la foule secouerait la ville bien plus que des efforts d’évangélisation, que des distributions de Bibles, etc. Non ! Jésus a dit : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. » (Luc 16.31).

Pascal disait avec beaucoup de pertinence et d’intelligence : “Le miracle ne sert pas à convertir, il sert à condamner.” Le miracle sert à condamner celui qui refuse de croire l’évidence même.

En visitant un chrétien à l’hôpital, j’ai eu l’occasion de converser avec son compagnon de chambre. Ce voisin de lit, un peu taquin, affirme : “Moi, pour me convaincre, il me faudrait beaucoup : … un miracle.” Et le pasteur de répondre : “Si j’en faisais un, maintenant devant vous, vous croiriez ?” Après quelques instants, ce monsieur intelligent répond : “Non, mais non ! parce que je me dirais qu’il ya un truc ! Et je chercherais à trouver le truc.”

La Bible affirme : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ. » (de la prédication du Christ) (Romains 10.17). La foi ne vient pas de preuves, d’arguments ou de miracles. Dieu a choisi le moyen de la prédication de sa Parole. Les preuves sont utiles et nécessaires, mais elles ne sont pas déterminantes. Elles sont nécessaires dans une conversation pour réfuter les objections avancées, répondre aux questions posées, mais non déterminantes, parce que l’ultime décision vient du cœur et non de la raison. La foi n’exclut pas la raison, mais elle est au-delà, elle la dépasse. Si les preuves éveillaient la foi, alors tous les hommes devraient croire. Dieu a donné toutes les preuves nécessaires à la raison pour éveiller la foi. Mais au-delà des preuves, au-delà de la raison, il y a le choix du cœur de l’homme.

Dans sa sagesse, Dieu a inscrit les preuves de son existence dans la création elle-même : la terre, les cieux, l’homme, la vie (Psaumes 19.2).

L’apôtre Paul écrivait : « Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables. » (Romains 1.20).

Dernière preuve que nous réexaminons dans cet exposé : Dieu nous a donné la preuve du jugement dernier. L’apôtre Paul disait à Athènes, debout au milieu de l’Aréopage : « Dieu annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé le jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts … » (Actes 17.30).

Ainsi la résurrection de Jésus-Christ devient une preuve certaine qu’il y aura un jugement à la fin des temps. L’incrédule rétorque : cela n’est pas une preuve parce que la résurrection doit elle-même être prouvée.

Au jour du jugement dernier, Dieu dira simplement : “Je t’ai annoncé ce jugement et je t’en ai donné la preuve. Tu n’as pas accepté la résurrection, tu es donc sans excuse. Ces preuves qui devaient t’amener à la foi vont maintenant te condamner parce que tu les as rejetées.”

Quels moyens Dieu a-t-il choisis pour nous convaincre ? Des preuves, des arguments, des miracles, des démonstrations ? Non ! Il a choisi l’action du Saint-Esprit. Jésus a dit : « Quand le Saint-Esprit sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. » (Jean 16.8). La Bible dit encore : « Si vous entendez la voix du Saint-Esprit, n’endurcissez pas vos cœurs. » (Hébreux 3.7 et 15). Il ne s’agit pas de la voix des preuves ou celle des arguments, mais bien de la voix du Saint-Esprit. C’est l’Esprit Saint qui porte la Parole dans nos cœurs pour qu’elle produise son effet. C’est lui qui porte les arguments dans notre esprit. Il donne du poids aux preuves et de la puissance aux arguments. Il incline le cœur à croire. Il ya toujours une part de mystère dans toute décision qu’un homme prend vis-à-vis de Dieu. Si vous vous rappelez la démarche qui s’est produite dans votre pensée lors de votre conversion, ce ne sont pas des arguments qui vous ont décidés ou des preuves qui vous ont condamnés. C’est l’Esprit de Dieu qui vous a convaincu, en parlant à votre cœur, au-delà de tout argument.

Rappelons-nous donc ceci, c’est une exigence de grande humilité pour tous ceux qui prêche la Parole et pour ceux qui l’entendent : c’est Dieu qui fait l’œuvre et c’est Dieu qui convainc.

Ceci rappelle à chacun l’absolue nécessité de la prière pour que l’Esprit agisse et convainque les cœurs.

« Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. » (Apocalypse 2.7), et que Dieu porte sa Parole dans nos cœurs.

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